L’été qui ne s’achève jamais de Peter Robinson

Close to Home

L’été qui ne s’achève jamais

Le mardi 14 août 2007 par Sheherazade

En 1965, le monde découvrait le « flower power » , les jupes de Mary Quant étaient à la mode, Winston Churchill mourait, les Who chantaient “My Generation”, James Bond affrontait le SPECTRE dans “Thunderball” et le jeune Graham Marshall, un garçon de 15 ans, disparaissait sans laisser de traces, laissant à son copain Alan Banks le poids d’un énorme sentiment de culpabilité.

Près de 40 ans plus tard, une entreprise de construction chargée de creuser les fondations d’un nouveau supermarché à Petersborough, UK, ramène un squelette à la surface et compte tenu des progrès de la police scientifique, il s’avère rapidement qu’il s’agit du jeune garçon disparu en 1965. L’inspecteur en chef Alan Banks, en vacances en Grèce, apprend la nouvelle par un quotidien anglais ; il se sent obligé de les écourter et espère pouvoir suivre la nouvelle enquête afin d’enfin découvrir l’assassin de son ami et peut-être enfin se débarrasser de ce boulet qu’il traîne depuis tant d’années.

Parallèlement, à Eastvale, un autre ado a disparu de chez lui, le beau-fils d’un notable « champagne socialist », ce que l’on peut traduire en français par « gauche caviar ». C’est la collègue, et ex amie de l’inspecteur en chef, qui est chargée de l’enquête. Suite à une demande de rançon assez étrange, le jeune Luke est retrouvé mort et le père adoptif accuse la détective de la mort de l’ado.

Or Annie Cabbott est persuadée que Luke était déjà mort lorsque la demande de rançon arriva. A elle désormais de prouver ce qu’elle perçoit comme une histoire bien plus compliquée qu’un enlèvement ayant mal tourné. Comme cet assassinat est dans la juridiction de Banks, il est chargé de l’enquête en tant que supérieur, cependant il la confie à Annie afin de pouvoir poursuivre l’enquête sur la mort de son copain d’enfance. Mais des gens ne souhaitent nullement que l’inspecteur ne s’en mêle et on le lui fait comprendre de manière musclée, tandis que la détective officiellement chargée de l’enquête reçoit aussi des menaces.

Dans l’enquête sur Graham Marshall, Banks va découvrir qu’il ne connaissait peut-être pas aussi bien son ami que cela, mais il va aussi mettre révéler au grand jour les manquements d’un policier célèbre, icône de la police et probablement pas aussi net qu’il en a l’air.

Pornographie, pédophilie, trafic de drogue sont parmi les délits que l’enquête du « passé » révélera. Quant à l’enquête du « présent », elle mettra à jour la sensibilité d’un jeune garçon, dont le père biologique, célèbre musicien, s’est suicidé et dont les parents veulent ignorer les dons musicaux.

Excellent roman de procédure policière, « Close to Home » traite de deux enquêtes parallèles concernant des adolescents pris dans la complexité et les vicissitudes du monde des adultes, face à des situations qui leur échappent, qu’ils ne savent comment gérer et dont ils sont finalement les victimes innocentes.

« Close to Home », en plus d’être un très bon thriller, est émouvant ; Banks - qui pour une fois ne se débat pas trop dans des affaires de couple - se retrouve en famille, face à un père ouvrier qui désapprouve le metier de son fils et à qui il aimerait faire comprendre que tous les flics ne sont pas corrompus, que certains d’entre eux à son instar recherchent avant tout la vérité, afin de rendre justice aux victimes.

Les intrigues sont complexes, ainsi que le sont les personnages ; le lecteur reçoit en même temps une petite leçon de l’histoire de la délinquance au Royaume-Uni, lorsqu’il est question des tristement célèbres Krays Brothers et leur bande de malfrats.

Une dernière chose mais importante pour ceux qui ont l’intention de lire le livre en version originale : ce titre « Close to Home » est celui de l’édition américaine. En Angleterre, le roman a été publié sous le titre « The Summer that never was ». Mais il s’agit strictement du même roman, c’est donc important de le savoir car pour les amateurs de l’inspecteur Banks, dont je suis, qui souhaitent acheter la série complète et qui penseraient qu’il s’agit d’un autre roman.


  • L’été qui ne s’achève jamais  14 août 2007, par Dadoo
    Est-ce une technique originale pour augmenter les ventes ou bien y-a-t-il une raison culturelle à ce changement de titre ?
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    • L’été qui ne s’achève jamais 14 août 2007, par bastet
      je pencherais vers la première de tes deux propositions, car je n’en vois aucune autre.
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