L’arbre de l’été de Guy Gavriel Kay

La tapisserie de Fionavar tome 1

L’arbre de l’été

Le lundi 10 octobre 2005 par Mario_Heimburger

Quelle magnifique réussite que ce roman de fantasy ! Et dire que je désespérai de retrouver du souffle et de l’émerveillement dans un livre de ce genre, tant sont nombreux les petits romans décevants dans ce genre !

L’histoire est assez classique, évidente même : 5 étudiants aux états-unis voient un jour débarquer un homme qui leur annonce que notre monde n’est qu’un dérivé d’un monde original, Fionavar, et leur propose de venir avec lui pour parader lors de l’anniversaire du roi, comme on exposait les indiens à la cour espagnole dans le temps. Mais une fois traversé, il est apparent que d’autres fils ont guidé les 5 jusque là, alors qu’un mal, endormi sous une montagne depuis des siècles est en train de se réveiller.

C’est simple. Simpliste, pourrait-on croire. Et pourtant, je considère que le roman est une réussite pour trois raisons :
-  Le poids du mythe. Kay a beaucoup copié sur Tolkien, ou plutôt, il a puisé dans les vieilles mythologies nordiques qui ont également inspiré le Seigneur des Anneaux. Il en ressort quelques scènes de déjà vu, l’oeuvre de Tolkien étant devenu une référence. Pour autant, Kay ne tombe pas dans le piège du travail universitaire. Il a su se réapproprier les mythes et les ressortir avec une vigueur modernisée. Les thèmes essentiel des mythologies humaines se retrouvent dans le récit : l’injustice, le sacrifice, les dillemmes, la prédestination, etc. Mais ce n’est pas analysé froidement : c’est coulé dans le récit, sans perte de temps.
-  La construction : justement, l’histoire ne perd pas de temps. Il n’y a pas de temps mort. On pourrait dire que le début et la transformation progressive des 5 étudiants en "héros" est un peu bâclée, mais non : Kay raconte une légende, il n’écrit pas un traité de psychologie ! L’auteur prend également des libertés avec le temps, revenant au bout de 250 pages au début de l’histoire pour raconter autre chose... et montrer comment ce qu’il a déjà dit s’intégre dans l’autre réçit. Enfin, en terminant sur une note sombre, il incite le lecteur à en savoir plus, comme un gamin dirait "et après, il leur arrive quoi ? ils vont survivre ?". C’est classique, mais diablement efficace.
-  Le poids des émotions : certaines scènes, dans leur simplicité, provoquent simplement toutes sortes d’émotions. Le respect et la compassion pour Pwyll, l’amusement et l’espièglerie pour Diarmuid, la déférence devant Matt ou Avelion, la camaraderie pour Dave, la peur pour Jennifer. C’est dans cette galerie de personnages et de scène que se situe l’histoire. J’ai eu un éclat de rire incontrôlable (la rose noire), des frissons (l’arbre de l’été), du dégoût (Starkahd), l’exaltation (les cavaliers de la plaine), ... Et c’est finalement ce que je demande à un bon livre.

Bref, quand je pense que certaines personnes que je fréquente sur un forum m’ont annoncé que cette série était la plus mauvaise de Kay, je suis fébrile. Le tome 2 sera une lecture très prochaine !