L’Usage des armes de Iain M Banks

Le deuxième tome du cycle de la culture... à la découverte de Circonstances Spéciales

L’Usage des armes

Le mercredi 22 octobre 2003 par Dadoo

Cheradenine Zakalwe est un des chiens de garde de la Culture. Partout où cette civilisation anarchiste et hédoniste a besoin d’un executeur des basses œuvres, elle envoie ce guerrier redoutable. Mais qui est exactement Cheradenine ? Comment devient on ce genre de guerrier alors qu’on a le droit à une existence douce au sein de la Culture ?

Autant le dire tout de suite, L’Usage des armes m’a paru moins bon que l’Homme des Jeux. Le récit est plus complexe et touffu sans apporter d’éclairage supplémentaire sur la Culture. En fait on se rend compte à la fin du roman que la Culture est plus un prétexte et que l’essentiel du roman est l’étude d’un homme à la manière d’un roman psychologique.

La structure du récit est hachée par des flash-backs multiples qui nous éclairent petit à petit sur Cheradenine Zakalwe et ses obsessions. Au fur et à mesure des retours en arrières et de l’avancement du récit proprement dit on parvient tout de même à s’accrocher et à "sentir" ce personnage si ce n’est le comprendre.

La fin étonnante du roman viendra remettre tout cela d’aplomb mais je ne vais pas vous en dire plus ici :-)

Au delà du simple mercenaire Cheradenine Zakalwe se demande souvent pourquoi il fait cela et dans quelle mesure il se fait manipuler par l’angélisme de la Culture et de sa représentante Sma. Ce faisant il nous fait se poser la question fondamentale des fins et des moyens, et ce sans manichéisme aucun, ce qui n’est pas le moindre de ses intérêts.


  • > L’Usage des armes  30 septembre 2004

    Pas vraiment d’accord avec Dadoo...L’usage des armes m’a davantage marqué que l’homme des jeux (très bon au demeurant) même si ce second volet du cycle est plus difficile à lire. La culture, loin d’être un simple arrière-plan, est analysée en profondeur sous son jour le plus sombre, comme en négatif, puisqu’effectivement le récit ne s’y déroule quasiment jamais. C’est justement de l’extérieur, de ces marges barbares qu’elle manipule à son grès, que se dessine beaucoup plus que dans le livre précédent le caractère schizophrène d’une civisation libertaire et humaniste tentée par un "impérialisme moral" qui l’amène à accepter l’usage de la violence dans un mélange de bonne conscience et de cynisme. Et ce qu’il y a de génial dans le roman est que cette thèse est magnifiquement mise en scène à travers un personnage tragique, éxécuteur des basses oeuvres d’une Culture à laquelle il n’appartient pas vraiment, dont il semble partager les valeurs tout en restant radicalement différent. Précipitez-vous !!!!!!!!!

    Carl 9000


    Répondre à ce message