L’Homme à l’envers de Fred Vargas

L’Homme à l’envers

Le samedi 4 septembre 2004 par Sheherazade

Des loups dans le Mercantour et soudain, une vague de carnages semble se déchaîner dans la région : brebis égorgées, agneaux dévorés. L’idée était pourtant belle au départ, les loups manquaient tellement à l’équilibre naturel.

Les observateurs sont inquiets car malgré les dédommagements accordés aux bergers, la chasse au loup est ouverte à nouveau. Ce qui rend les bergers nerveux, c’est la taille apparemment démesurée de ce loup qui dévore leurs bêtes. On commence à parler de "loup-garou" ou même d’une "Bête du Mercantour".

Un jeune Canadien, spécialisé dans la défense des ours au Canada, est venu observer les loups ; il s’incruste un peu trop au goût des observateurs locaux qu’il agace, mais il s’est pris d’affection pour ces loups surtout pour Augustus, vieux loup près de la mort. De plus il y a la jolie et déjantée Camille dont les bras le retiennent un peu ; Camille dont le livre de chevet est un catalogue d’outillage professionnel et dont le métier, selon la demande, est plombier ou musicienne.

A Paris, le commissaire Amandsberg suit cette affaire de loups de près ; il les a cotoyés dans son enfance chez son grand père et il semble s’attendre à bien pire que de simples brebis égarées et dévorées. Les événements vont lui donner raison lorsqu’on retrouve une riche bergère locale égorgée. Cette Suzanne Rosselin n’était pas fort belle, avait un langage de charretier et surtout un franc-parler avec lequel elle n’a pas hésité à accuser un de ses voisins à inciter un loup à devenir un tueur. Pourtant, les loups ne s’attaquent pas aux hommes lorsqu’ils sont nourris, alors ?

Pour Amandsberg et Danglard, son adjoint, envoyés sur place, l’enquête commence et des faits de plus en plus violents leur font penser à un tueur en série.

Pour compliquer les choses, le commissaire doit résoudre le cas de Madame Monge, qui lutte pour retrouver son enfant et qui a décidé de "lui faire la peau" ! Il y a des jours comme ça !

Dans le Mercantour il retrouve Camille (avec qui il vécut une histoire d’amour compliquée) et fait la connaissance de ses amis, notamment Soliman l’Africain, fils adoptif de la bergère assassinée, adorant citer des définitions de mots, style Petit Robert.

Et pendant ce temps, les morts s’accumulent.

Comme toujours chez Fred Vargas, la fin sera une surprise totale. Comme dans tous ses romans, ce livre est parsemé de portraits de personnages pleins de vie et de truculence ou de mystère. Je l’ai trouvé un petit peu trop long, l’auteur voulant accentué l’effet de tension qui monte dans cette histoire, par des rebondissements ou situations cocasses.

J’ai eu l’impression qu’elle tournait un peu en rond et puis, soudain, qu’il était temps de terminer le livre, ce qui donne une fin où les événements se déchaînent. Cependant, je lui pardonne de bon coeur, car c’est Vargas avec son commissaire-philosophe et ses personnages farfelus.


  • L’Homme à l’envers  28 avril 2008
    Je ne suis pas d’accord. En effet, j’ai trouvé ce roman passionant et imprésionnant. Quel style d’écriture magnifique ! La longueur a joué un rôle, puisque c’est en allongeant l’action que l’auteure a fait progressivement monter la tension. En conclusion, je retiendrai de ce livre son histoire et sa narration formidable.
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