L’Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde

Enquête littéraire spacio-temporelle

L’Affaire Jane Eyre

Le vendredi 14 mai 2004 par Sheherazade

Dans un habile mélange de littérature, de polar et de science-fiction, l’auteur nous invite à un jeu de piste complètement déjanté et surréaliste au travers de la littérature anglo-saxone et de l’histoire d’Angleterre. Sous sa plume, ce grand classique qu’est Jane Eyre devient un roman follement drôle.

Thursday Next, l’héroïne de cette aventure pleine d’humour surréaliste, est détective au sein d’une société recherchant les criminels à travers le temps (tout comme son père, très exigeant sur le fait de respecter l’histoire avec un grand H). Thursday est drôle et intrépide, ne s’en laisse par conter et son animal de compagnie est un dodo, Pickwick. Elle a aussi un oncle, Mycroff, inventeur génial d’une machine à voyager dans le temps, briguée par la Goliath Corporation. Jack Schitt, le supérieur de Thursday, n’hésite jamais à lui rendre la vie dure.

Mais le réel ennemi de la jeune femme est Acheron Hades, un méchant plus vrai que nature, d’une intelligence supérieure à la moyenne selon ses propres dires et dont le seul bonheur est d’incarner le Mal. Son passe-temps préféré : voler les personnages principaux des grands classiques de la littérature anglaise. Il a jeté son dévolu sur Jane Eyre et Thursday devra franchir la frontière d’un Pays de Galles marxiste-léniniste, afin de secourir Jane et Edward Rochester, tout en arrangeant quelque peu le roman au passage.

Surtout ne pas s’imaginer qu’il y a un fil conducteur à ce roman ; il faut accepter de sauter sans cesse du coq à l’âne, mais dès que ce principe est acquis on s’amuse follement, comme Alice de l’autre côté du miroir. Ce petit polar à la fois littéraire et historique n’hésite à aucun instant à massacrer l’histoire d’Angleterre, comme cette Guerre de Crimée qui ici dura 150 ans. Je vous laisse découvrir l’Angleterre de 1985 où la littérature domine la vie quotidienne avec des machines parlantes Will-Speak vous racontant toutes les pièces de Shakespeare. L’inventivité de l’auteur est sans bornes, un peu à la manière d’un Terry Pratchett.

A lire toutes affaires cessantes !