Journal de la nuit de Petros Markaris

The late-night news

Journal de la nuit

Le mercredi 3 novembre 2004 par Sheherazade

Le commissaire Kostas Haritos n’aime pas la presse et encore moins l’agressive journaliste Yanna Karayoryi, étoile de la télévision privée. Lors d’une enquête concernant un couple d’Albanais sauvagement assassinés, elle le harcèle par des questions concernant un enfant, or pas de trace d’un bébé ou autre bambin dans la masure.

Refusant de dévoiler ce qu’elle sait, la journaliste est retrouvée assassinée elle aussi après avoir clamé haut et fort qu’elle préparait un scoop pour l’édition du soir de Hellas Channel. Peu après, la collègue qui remplacera Yanna est également retrouvée assassinée.

Le directeur de la chaîne exige la collaboration inconditionnelle de la police, il ira même jusqu’au ministre espérant faire démettre Haritos de l’enquête. Mais pour démettre Kostas Haritos d’une enquête, il faut se lever tôt car il est un rusé renard pas du tout décidé à se laisser marcher sur les pieds. Déjà que son chef les lui casse en ayant instauré à Athènes les méthodes du FBI apprises lors d’un stage !

Les soupçons se portent sur un pédophile, récemment libéré après avoir purgé sa peine et que Yanna avait aidé à faire mettre sous les verrous ; de plus elle parlait de temps à autre d’un trafic d’enfants albanais. Pour Haritos, l’enquête tourne au cauchemar car le directeur de la chaîne veut sa tête ! Pourtant la solution est à portée de main.

Après les inspecteurs, commissaires de police ou détectives privés norvégiens, suédois, français, anglais et américains, sans oublier les italiens et les espagnols, voici le grec Kostas Haritos. Il partage avec Wallander, Maigret, Alan Banks, Morse, Sejer, Beck et autre Pepe Carvalho, des problèmes de couple, des problèmes pondéraux, un penchant pour la boisson, un caractère difficile et des relations peu amènes avec la presse, sans parler des difficultés avec son supérieur et son attitude désagréable à l’égard de ses subalternes. Son seul et unique délassement est la lecture des dictionnaires et encyclopédies, ainsi que les disputes avec sa moitié.

Haritos est grognon, toujours maussade, désabusé et cynique à souhait. J’imagine que cotoyer le crime quotidiennement n’engendre pas nécessairement la joie et la bonne humeur, mais le point commun des polars est le glauque (sauf chez Agatha Christie évidemment). Les polars, il est vrai, sont des tranches de vie, celle-ci n’étant pas forcément drôle.

En tout cas, le roman permet un plaisant moment de tourisme à travers Athènes, un dépaysement total grâce aux noms des personnages et lieux.

Petros Markaris aime à dénoncer dans ses polars l’atmosphère corrompue qui règne dans certains milieux en grecs depuis la chute des colonels. Comme si les dictatures ne connaissaient pas la corruption ... passons.

En tout cas, cet auteur né à istambul en 1937 est un auteur de théâtre et de scénarios pour la télévision très célèbre en Grèce. Il a également collaboré avec des cinéastes célèbres et l’un des films auquel il collabora a obtenu la Palme d’Or à Cannes en 1998.

Son personnage de Kostas Haritos est considéré par les critiques comme un "frère de Maigret".