In a Dark House de Deborah Crombie

In a Dark House

Le lundi 23 janvier 2006 par Sheherazade

Dans le quartier de Southwark à Londres, là où vécut Charles Dickens, un incendie ravage l’un des plus anciens bâtiments victoriens ; dans le lieu inhabité, les pompiers découvrent toutefois un cadavre, qui semblerait être celui d’une femme plutôt jeune, totalement dénudée.

Parce que l’immeuble appartient à un membre en vue du Parlement britannique, le Superintendant Duncan Kincaid de Scotland Yard est chargé de l’enquête par ses supérieurs au grand mécontentement de la jeune inspectrice appréciant très peu que son territoire soit envahi, fût-ce par une « huile » du Yard. Pendant que Kincaid essaie d’inculquer des rudiments de diplomatie à sa jeune collègue, sa compagne et ancienne partenaire , l’inspectrice Gemma James rend visite à une jeune femme dont la co-locataire a mystérieusement disparu. Et quelque part ailleurs dans Southwark, une petite fille de neuf ans tremble et pleure dans une horrible chambre sans lumière, se demandant pourquoi la petite amie de son père l’a enfermée là, en lui apportant à peine à boire et à manger. Quant au membre du parlement lui-même, non seulement l’ incendie de son immeuble est une catastrophe personnelle, mais il craint que le cadavre soit celui de sa fille. Par ailleurs dans un maison, abritant un refuge pour femmes battues, face au bâtiment incendié, on est sans nouvelles du docteur Novak, une jeune femme médecin bénévole dont les relations avec son ex-époux son excécrables au point qu’elle songe à le priver du droit de visite de leur petite fille.

L’enquête doit donc partir dans plusieurs directions puisque l’une des trois femmes dont on est sans nouvelles pourrait bien être le cadavre. C’est l’analyse ADN qui en révélera l’identité, toutefois il faudra retrouver la jeune Harriet, identifier le meurtrier du cadavre et identifier l’incendiaire.

Au fur et à mesure de l’évolution des enquêtes, il est de plus en plus évident que tous ces événements sont connectés entre eux d’une manière ou d’une autre ; par ailleurs, une jeune femme pompier a étudié soigneusement le cas d’autres immeubles anciens ayant brûlé dans Southwark et il s’avère bien vite que la seule conclusion possible soit que l’on ait à faire à un incendiaire en série dont les incendies se succèdent de manière de plus en plus rapprochée, il s’agit donc d’en accélérer la découverte afin d’éviter d’autres crimes similaires.

Dixième enquête du tandem Kincaid-James, « In a Dark House » est un polar de la meilleure veine où l’auteur nous fait partager les pensées de l’incendiaire à chaque fois qu’il planifie son prochain crime ; plusieurs enquêtes se développent sous les yeux du lecteur, toutes cependant liées et pourtant Deborah Crombie parvient à tout instant à captiver l’attention sans que l’on perde une seule fois le fil, comme cela arrive parfois chez Elizabeth George qui aime à compliquer ses intrigues.

D’autre part, la vie personnelle des personnages récurrents, à savoir le superintendant Kincaid et sa compagne Gemma James, également membre de la police londonienne, entrecoupe régulièrement l’intrigue policière puisque le couple se bat pour pouvoir garder le jeune Christopher, fils biologique de Kincaid qui n’a pas jusqu’ici eu droit de garde. Cependant, bien que ce problème personnel pèse sur la petite famille recomposée, on a l’impression que Deborah Crombie aime bien ses personnages car il se dégage d’eux une certaine tendresse et un besoin de vie la plus normale possible compte tenu de leur métier.

Kincaid, contrairement à ses collègues Rebus de Iain Rankin, Wallander d’Henning Mankell ou Alan Banks de Peter Robinson - pour ne citer que ceux-là - n’a pas de problèmes existentiels qui le poussent à boire ou à gâcher la vie des gens autour de lui. J’avoue le trouver agréablement reposant à côté des autres dont la vie privée envahit parfois un peu trop l’intrigue policière.