Hell de Lolita Pille

Hell

Le dimanche 22 août 2004 par Mario_Heimburger

Pourquoi ai-je acheté ce livre ? Je ne sais plus exactement... Je crois qu’à un moment, je cherchai une expression de la haine et du mépris que j’éprouvais pour le monde, et l’accroche "je suis une pétasse" a du être suffisant. Coincé entre un Delerm et un d’Ormesson, je me suis dirigé vers la caisse, sans chercher à en savoir plus. Le hasard est une force qu’il faut éprouver.

Le premier contact fut mitigé. Les premières pages, difficiles. Un peu comme quand on regarde de manière circonspecte une flaque noireâtre dont on ne pourrait deviner le fond. Et puis, le malheur se produit : on y met un pied, puis les deux, et on s’enfonce.

Vif, court et percutant, les pages brûlent les mains. On les tourne fébrilement, on cherche une échappatoire, on se force à faire des pauses, jamais assez longues. Et deux heures après, on happe furieusement de l’air vicié, on revient à la vie, on regarde autour de soit et on se surprend à sourire de sa propre survie...

Le lecteur voit toujours dans un roman ce qu’il veut. Un pamphlet contre la jeunesse dorée ? Non, évidemment pas. Une description de l’enfer ? Bah... il est partout. Je ne crois pas au cloisonnement que je subodore. Je n’imagine pas que le livre s’arrête à la vision étriquée d’un certain milieu. Le malaise décrit peut se retrouver partout, dans toute bourgeoisie, dans toute Civilisation. Il est même arrivé jusque dans ma province lointaine, les excès en moins, l’autoapitoiement en plus.

Mais c’est avant tout la spirale infernale de la lucidité qui est décrite ici. La prison à laquelle sont condamnés les âmes sensibles. Celles qui ne peuvent ouvrir un journal sans haïr les humains. Qui ne peuvent aimer sans se demander pourquoi. Qui ne peuvent vivre sans penser à la mort... Le thème est universel. La haine et la fureur dans lesquels a trempé la plume de l’auteur également.

Je mentirai si je disais que le style m’a convenu et comblé. Mais il n’était sans doute pas dans l’idée de Mlle Pille de faire de l’académisme. Le but est en tout cas atteint : la souffrance et l’horreur exprimée, le fiel étalé.

Je n’irai pas jusqu’à prétendre avoir aimé le livre, mais je ne regrette pas sa lecture. Sans doute manque-t-il de recul pour être vraiment bon.

Extrait :

« Chaque jour est l’inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu’un d’autre, on sort ailleurs. Mais c’est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustrés pour l’éternité, soit on y parvient et on se rend compte qu’on s’en fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l’inconnu. Du pire. Et puis, qu’on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon, on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu’à ce que le sang gicle... »

Votre avis sur ce livre

Note : (63 votes)


  • correspondance  29 décembre 2007, par Mozmer Sagest Marhenn
    correspondance 29 décembre 2007, par Mozmer Sagest Marhenn je n’ai ni de suggessions ni de reproches car nul n’est parfait alors j’aimerais si possible avoir les corrdonnées de l’auteur car je suis moi aussi entain de réaliser mes oeuvres qui seront bientôt sur le mrarché.Je suis à l’adresse suivente : BEHANZIN S.G.Hermann pseudo :MOZMER Sagest Marhenn 01BP1441 Cotonou BENIN Tel:0022-995-207-038 0022-995-302-931
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  • Hell  29 décembre 2007, par Mozmer Sagest Marhenn
    correspondance 29 décembre 2007, par Mozmer Sagest Marhenn je n’ai ni de suggessions ni de reproches car nul n’est parfait alors j’aimerais si possible avoir les corrdonnées de l’auteur car je suis moi aussi entain de réaliser mes oeuvres qui seront bientôt sur le mrarché.Je suis à l’adresse suivente : BEHANZIN S.G.Hermann pseudo :MOZMER Sagest Marhenn 01BP1441 Cotonou BENIN Tel:0022-995-207-038 0022-995-302-931
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  • correspondance  29 décembre 2007, par Mozmer Sagest Marhenn
    je n’ai ni de suggessions ni de reproche car nul n’est parfait alors j’aimerais si possible avoir les corrdonnées de l’auteur car je suis moi aussi entain de réaliser mes oeuvres qui seront bientôt sur le mrarché.Je suis à l’adresse suiventse : BEHANZIN S.G.Hermann pseudo :MOZMER Sagest Marhenn 01BP1441 Cotonou BENIN Tel:0022-995-207-038 0022-995-302-931
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  • > Hell  25 septembre 2004, par wallen

    Tu as l’air assez perplexe sur ce livre...Moi, j’ai plongé dedans à 200% (je ne remercierai jamais assez l’amie qui me l’a conseillé !). C’est vrai que le style est un peu déroutant parfois, on passe d’un langage très ampoulé à des termes carrément crus, mais c’est ça qui est bien : ça montre bien le sentiment de déchirure de Hell.

    Et puis tu dis qu’il manque de recul. Etant donné qu’il est écrit comme une sorte de journal, c’est un peu normal : les évènements sont vécus au jour le jour, l’héroïne n’a pas vraiment le temps de se poser pour cogiter à tout ce qui lui arrive.

    Par contre je suis d’accord aec toi quand tu dis que ce n’est pas limité qu’au milieu bourgeois : ce sentiment de mal-être se rencontre partout, chez les riches comme chez les modestes.

    Quant à ce sentiment de déception face au genre humain, il a de plus en plus tendance à se généraliser...


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    • Hell, ce livre... 6 juillet 2008
      Ce livre, j’ai du le lire une cinquantaines de fois, sans rigoler.Je l’ai toujours sur moi, aimporte quel moment de la journée, et ce livre est genial.Je remercierais jamais assez Lolita Pille pour l’avoir ecrit.
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