Great Housewives of Art de Sally Swain

Un autre regard sur des toiles célèbres

Great Housewives of Art

Le vendredi 2 novembre 2007 par Sheherazade

En 1988, l’artiste australienne Sally Swain eut la très bonne idée de “repeindre” des oeuvres célèbres d’une manière totalement impertinente, rendant non seulement un hommage aux artistes des oeuvres originales, mais aussi au sens de l’humour des lecteurs anglo-saxons.

Trois ans plus tard, elle produisit une suite à ce premier ouvrage, une nouvelle série de 25 pastiches de tableaux célèbres allant de l’art paléolithique - représentant un bœuf dont chaque partie est destinée à une recette de cuisine (l’original bien sûr se trouve à Lascaux) - jusqu’à la mère de l’artiste américian James McNeill Whistler, qui fait partie du comité de surveillance du quartier (le portrait de la mère de l’artiste est mondialement célèbre, la vieille dame étant assise dans un rocking chair, regardant dans l’espace).

Au passage, une œuvre d’art traditionnel aborigène représente un micro-ondes et ses possibilités culinaires, les fresques égyptiennes que l’on retrouve dans les tombes pharaoniques représentent un service de tri postal, une déesse hindoue découvre que ses six bras lui sont bien utiles pour faire le ménage, et bien d’autres idées plus impertinentes les unes que les autres, comme par exemple Madame Venus Botticelli qui applique les précieux conseils du palpage du sein destinés à détecter un kyste éventuel, ou alors la très belle tapisserie d’Hastings transformée pour la circonstance en un service de parking.

Le talent de l’artiste réside dans le fait qu’elle copie à merveille les originaux et les transforme en petits clins d’œil destinés à faire sourire.

Je voudrais encore citer la fresque représentant Adam et Eve nus, pleurant, chassés du paradis, tout simplement parce que Madame Masaccio a oublié de passer par la blanchisserie. Ou encore Madame da Vinci ayant elle aussi réalisé deux dessins, copiés de l’homme de Vitruve, après qu’elle ait suivi un régime draconien ; son « avant » - « après » vaut bien l’original ! Bref, comme toujours, derrière tout grand homme ou tout grand artiste se cache une femme de caractère.

Il n’est jamais facile de « raconter » des dessins, et encore moins des dessins humoristiques ; bien souvent, l’explication tombe à plat car si l’on n’a pas le pastiche sous les yeux, les mots ne représentent pas grand’chose. Mais je trouve qu’il est toujours plaisant de signaler ce type de livre, lorsqu’on aime l’art et l’humour, d’autant plus que du côté de l’impertinence, j’en ai moi-même une bonne dose à revendre !

Un peu comme pour la « Peinture à l’huile et au vinaigre » de Jean-Louis Fournier, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler.

Sally Swain est une artiste australienne, ayant créé le studio « Art and Soul » à Sidney, où elle aide les gens à exprimer leur créativité ; actuellement elle participe au développement de la créativité au sein de multiples associations tels des groupes d’écrivains, des centres de revalidation, universités, ateliers, etc. Elle n’abandonne pas pour autant sa créativité personnelle, qui lui permet en retour d’aider les autres à accomplir leur chemin de création.

Elle est l’auteure et l’illustratrice de quatre livres de renommée internationale, parmi lesquels les deux « Great Housewives in Art » et un livre pour les jeunes « Once upon a Painting ».

Sally Swain est également la fondatrice du groupe théâtral « Paper Bag Playback Theatre ».