Grâce et Dénuement de Alice Ferney

Grâce et Dénuement

Le vendredi 3 septembre 2004 par doud

Alice Ferney propose dans ce roman de confronter le monde gitan au nôtre grâce à une institutrice qui décide de lire des livres aux enfants d’une famille gitane. L’auteur arrive ainsi encore à parler de choses profondes et graves dans avec une écriture légère, subtile, fine...

Dans ce roman, autant que l’extrême précarité de la vie de ces gens, j’ai vu leur illettrisme comme une cause primordiale de la violence intrinsèque au groupe (en particulier aux hommes), et c’est comme cela que je justifierais la volonté de cette institutrice de qualifier la lecture comme un droit (presqu’) aussi fondamental que manger et dormir, grâce à son pouvoir imaginaire en particulier.

Au fur et à mesure, nous plongeons dans les valeurs des gitans, et grâce à sa légèreté stylistique et sa maîtrise des points de vue, Ferney nous permet d’accéder à ce monde en douceur. On arrive à comprendre (à défaut de l’accepter) les raisons qui les rendent méchants entre eux, même si l’on se rend bien compte de leur humanité, et de leur amour ; on aperçoit même parfois une justification de leurs actes de larcins.

Après, c’est l’espoir mélangé à la tristesse qui m’a surpris : car, Ferney donnant le message que seul leur intégration (scolaire en particulier) les sauvera, je ne peux m’empêcher de penser que c’est au dépend de leur identité. Est-ce là leur véritable fragilité, ou est-ce nous les monstres qui serions incapables de supporter leur mode de vie, ni même à défaut d’accepter leur culture ? Comme d’habitude la faute est bien sûre partagée ; mais Ferney constate qu’à cause de notre système, que nous leur imposons, les gitans ne voyagent plus, et leurs hommes n’ont plus d’activité. Ainsi, je ne sais toujours pas pour combien nous somme responsable de leur propre intolérance envers nous, et de leur violence extrême.

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : Grâce et Dénuement