Globalia de Jean-Christophe Rufin

1984, remis au goût du jour

Globalia

Le samedi 13 août 2005 par Dadoo

Globalia est le nom de la démocratie globale et parfaite qui s’est installée sur l’essentiel du globe dans un futur relativement proche. Chacun est libre de faire et de dire ce que bon lui semble et la société s’occupe de tout un chacun dans un contexte d’Etat-providence et de système marchand et publicitaire généralisé. Bref, Jean-Christophe Rufin nous fait le portrait de nos sociétés lorsqu’on pousse les principes qui les sous-tendent jusqu’au bout...

Hélas tout ne s’avère pas rose, on commence à s’en rendre compte avec l’arrivée du héros, Baïkal qui ne semble pas s’insérer dans cette société feutrée. Il souhaite quitter les bulles de protection qui entourent toutes les zones de Globalia, les protégeant des intempéries et de ce qui pourrait venir des sinistres non-zones.

En parallèle on suit les cercles du pouvoir où des experts du marketing décident de mettre en place un nouvel ennemi public numéro 1 pour souder la population et l’empêcher de penser à autre chose.

On frémit lors de la construction de cet ennemi public, Rufin n’a pas eu besoin de beaucoup d’imagination... il s’est tout simplement servi dans les journaux télévisés.

Un peu à la manière de 1984 de George Orwell, on découvre ici les mécanismes qui soutiennent la démocratie et peuvent finir par la transformer en tyrannie extrèmement solide et efficace. La différence c’est que le modèle soviétoïde est ici remplacé par un modèle plus proche et plus souvent visible sur nos écrans et ça en devient beaucoup plus inquiétant...