Final Account de Peter Robinson

Final Account

Le mercredi 24 mai 2006 par Sheherazade

Tout en observant le cadavre horriblement mutilé, l’inspecteur en chef Banks soupira en pensant que finalement le Yorkshire commençait à ressembler de plus en plus à Londres et que la quietude espérée n’était pas encore pour aujourd’hui !

Dans une ancienne ferme aménagée avec goût, les policiers ont bien des difficultés à ne pas être malades face à ce cadavre dont la tête a été littéralement explosée le rendant méconnaissable. Cet expert comptable décrit par tous comme étant un homme plutôt calme et sérieux, voire ennuyeux, a été assassiné sous les yeux de sa femme et sa fille, dans ce qui a toutes les formes d’un « contrat » effectué par des professionnels. Le crime n’étant pas un cambriolage ayant mal tourné, les enquêteurs commencent leur travail, la procédure promettant d’être longue et fastidieuse vu l’absence d’indices ou motif. Pourtant, rapidement l’enquête va révéler que cet honorable citoyen trempait dans du blanchiment d’argent pour le compte d’un dictateur d’une mini république située dans l’archipel des Antilles, avec la collaboration notamment d’un juriste financier.

Il s’avère assez évident que Keith Rothwell, le comptable, menait une double vie dont la trace mènera l’inspecteur Banks à Leeds, où il va retrouver une vieille connaissance, l’ex-collègue londonien Burgess, monté en grade et toujours aussi agressif avec Banks. Le Yard est donc aussi de la partie. Lorsqu’une jeune femme, témoin de l’enquête, est sauvagement agressée chez elle, l’affaire prend un tour plus personnel pour l’inspecteur en chef car il se sent responsable. Le juriste financier ayant disparu à son tour, l’inspecteur et son équipe tentent de retrouver les agresseurs de la famille Rothwell mais également ceux de la jeune musicienne qui lutte contre la mort.

Une enquête particulièrment compliquée pour l’inspecteur en chef Banks et son équipe ; celle-ci subit quelques changements car Phil Richmond l’expert en informatique a été promu à Londres et c’est le sergent Hatchley qui revient, ce au grand déplaisir de Susan Gay car l’homme est un macho mal dégrossi, fumeur en série, peu soigné, montrant peu de respect pour les femmes en général.

L’enquête est d’autant plus difficile que de multiples paramètres envoient les enquêteurs dans tous les sens et bien souvent, la piste se termine en impasse. Parmi ces pistes, il y a celle de la pornographie (un régal pour le sergent Hatchley et un ulcère pour Miss Gay ! - un savoureux petit moment d’humour dans le livre) ; bref, un crime qui au départ ressemblait à un règlement de comptes (ce qui est logique pour un expert comptable !), dévoile rapidement un monde de manipulations policières à haut niveau pour étouffer une affaire qui pourrait faire trop de vagues politiques, blanchiment d’argent sale.

Banks de son côté lutte toujours dans l’espoir de sauver son ménage, ses relations avec son épouse s’effritant de plus en plus à cause de ses absences professionnelles ; par ailleurs, il supporte moins bien qu’avant l’indépendance de sa femme et les frictions sont de plus en plus fréquentes. Bref, comme la plupart des flics, l’inspecteur en chef n’est pas vraiment heureux ! Lui aussi fume comme une cheminée et commence à montrer un certain penchant pour l’alcool... Sans oublier, celui plus agréable et nettement meilleur pour la santé de la musique classique.

Peter Robinson prouve une fois encore avec «  Final Account  » qu’il est un écrivain plein d’imagination et de ressources, tenant son lecteur en haleine du début à la fin même si l’enquête est lente et fastidieuse, le lecteur y est entraîné et s’y laisse entraîner avec plaisir. Je suis lancée pour l’instant dans les aventures de son personnage récurrent, que ses problèmes familiaux rendent plutôt touchant bien qu’il commence à développer une certaine complaisance à se poser en victime du mauvais sort.


  • Final Account  4 juin 2006, par bastet

    pour les personnes qui lisent les enquêtes de l’inspecteur Banks en anglais, qu’elles soient conscientes que certains titres en Angleterre sont différents des titres aux U.S.A mais qu’il s’agit cependant de la même histoire.

    FINAL ACCOUNT porte aussi le titre DRY BONES THAT DREAM - ceci n’est cependant pas signalé par AMAZON FR, UK ou USA, et a déjà induit certains lecteurs à acheter les livres sans savoir qu’il s’agissait de la même histoire et se retrouver donc avec un "double emploi".


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