Envious Casca de Georgette Heyer

Envious Casca

Le samedi 19 janvier 2008 par Sheherazade

Le moins que l’on puisse dire est que l’esprit de Noel d’amour et de paix ne règne pas à Lexham Manor, la demeure de Nathaniel Herriard, homme richissime mais plutôt pingre, mais surtout au caractère épouvantable.

Tout le contraire de son frère Joseph Herriard, qu’il héberge avec Maud son épouse depuis deux ans. Joseph et Maud sont de’anciens comédiens, dont le manque de fortune et de succès ont ramené en Angleterre.

C’est ce cher « Oncle Joe » qui a eu l’idée de ce « Noel d’antan » avec les quelques membres de la famille : Stephen, le neveu préféré de Nathaniel, sa sœur Paula et une lointaine cousine, l’élégante Mathilda Clare et l’associé de Nathaniel, Edgar Mottisfont.

Le gros problème pour l’ambiance - déjà naturellement déplorable du manoir - est que Stephen et Paula sont accompagnés de leurs fiancé(e)s respectifs qui n’ont absolument pas l’heur de plaire à l’oncle Nat. La jeune Valérie, en dehors d’être jolie, est parfaitement idiote et de toute évidence surtout intéressée par la fortune de son amoureux puisqu’il semblerait qu’il sera le principal héritier de l’oncle richissime.

Quant à Paula, déjà le fait qu’elle se soit dirigée vers la carrière de comédienne rend son oncle furieux, mais comble de tout son compagnon est un jeune dramaturge, dont la nouvelle pièce a terriblement besoin d’un soutien financier ; il s’agit d’une pièce très moderne, très avant-garde... et selon, Herriard Sr terriblement vulgaire ! qu’on ne compte pas sur son argent.

Pendant ce temps, le malheureux Joseph court dans tous les sens, débordant de gentillesse, tentant de concilier tous les membres de cette « famille » disparate, poursuivant envers et contre tout son rêve d’un « vrai » Noel, malgré les remarques agressives de son frère et les sarcasmes non déguisés de son neveu.

Il décore donc activement la maison et lorsqu’il n’est pas occupé à la décorer, organise des activités auxquelles personne ne répond ; « Oncle Joe » est rabroué par tous, sauf par sa placide épouse. Maud semble particulièrement indifférente à la tension qui règne parmi les membres de la famille Herriard, oncles, nièce, neveu, frère, sœur ; la seule chose qui la passionne est la vie de l’impératrice d’Autriche, les membres de la famille tentent d’ailleurs de l’éviter au maximum afin d’échapper aux détails dont elle les abreuve, car très franchement l’impératrice d’Autriche, ils n’en ont strictement rien à faire !

Dans l’après-midi de la veillée de Noel, Paula insiste pour que Willoughby Roydon, son amoureux dramaturge, lise la pièce dont elle interprètra le rôle principal, celui d’une fille perdue, sombrant dans la déchéance à cause de l’amour. Toute l’assemblée est profondément choquée par le langage cru et les situations glauques de cette pièce, qui met Nathaniel totalement en fureur, au point qu’il se retire pour fulminer dans sa chambre. Tous les autres membres se retirent aussi afin de se préparer au fameux dîner de Noel, auquel il est à présent évident qu’on ne pourra pas échapper ! Vivement demain que l’on puisse s’en aller.

Il est cependant écrit que ce dîner sera compromis car après de multiples appels à table, Nathaniel Herriard ne se montre pas. Forcément, il git dans sa salle de bain, mort d’un coup de poignard ! Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Maud a perdu la biographie d’Elizabeth d’Autriche .... Quand on vous le disait que ce Noel était une calamité !

La police locale est appelée sur les lieux mais bien vite, compte tenu de la réputation de Nathaniel Herriard, Scotland Yard envoie l’inspecteur Hemingway sur les lieux.

La mère de Valérie, véritable gendarme en jupons et coureuse de dot pour sa fille, se pointe également au manoir car il est exclu que sa fille épouse un homme soupçonné de meurtre, or il est évident que Stephen est le principal suspect aux yeux de la police puisqu’il serait le principal héritier.

De rebondissement en recoupement des indices, l’inspecteur Hemingway se met à douter de ses capacités de déduction ... et Maud Herriard qui continue à chercher son livre dont elle tient absolument à connaître la fin ! Et si la clé s’y trouvait finalement dans cette biographie que l’on a fait disparaître ?

Que l’on me croie ou non, j’avais deviné le coupable et ses mobiles dès le premier chapitre même si, comme l’inspecteur Hemingway, j’ai pataugé sur le moyen de l’assassinat.

« Envious Casca » n’est pas le meilleur Georgette Heyer que j’ai lu ; jusqu’à présent, mon préféré reste « Footsteps in the Dark » où je n’ai pas arrête de rire du début à la fin. Ici on sourit un peu aux efforts pathétiques d’Oncle Joe qui rêve d’un Noel blanc, aux joutes verbales entre oncles et neveux, et à l’image assez ridicule de Maud qui cherche son livre, indifférente aux remous qui secouent la maison. J’ai bien aimé le personnage du butler également, un homme peu habitué à travailler dans une maison où l’on assassine son patron, ce n’est pas chez les ducs et les barons que l’on verrait une chose pareille !

En dehors de cela, il reste encore l’inspecteur Hemingway et son sergent, qui lui pose toujours ingénuement des questions qui ont le don de lui taper sur les nerfs ! je vous le dis, on n’est pas aidé !

Bref une lecture de vacances, un moment de détente, sans plus.