England, England de Julian Barnes

England, England

Le dimanche 2 mars 2003 par Feline

Jack Pittman, richissime homme d’affaire britannique décide de révolutionner le monde des loisirs. Partant du principe qu’une réplique vaut l’original, il crée un énorme parc regroupant tout ce qui caractérise, aux yeux des étrangers, l’Angleterre, de Big Ben à Stone Henge, des bus à impérial à Robin des Bois, en passant par Buckimgham Palace.

Le roi, lui-même, est contraint à signer un contrat et apparaître une fois par jour. Le point fort de ce projet est de permettre aux Visiteurs de voir toute l’Angleterre sans devoir parcourir des kilomètres d’un site à l’autre et sans les désagréments habituels du tourisme. England, England, réplique miniature du Royaume-Uni, fait rapidement un tabac. Cependant tout n’est pas toujours aussi rose qu’on le pense et chaque médaille a son revers...

Satire féroce de la société anglaise et du monde des loisirs

Ce récit bénéficie d’une construction originale, qui pourrait s’apparenter à une sorte de jeux de miroirs. Il se décompose en trois parties. La première intitulée Angleterre raconte l’enfance de Martha Cochrane, futur directrice du parc. La seconde, England England, traite du vaste projet de loisirs et est à son tour divisée en trois : l’apogée de Jack Pittman, sa chute et son retour au sommet. Enfin, le livre se termine sur un dernier volet : Anglia, nom de l’Angleterre suite à son déclin causé par England England et vouée à un archaisme profond, narre la vieillesse de Martha.

Julian Barnes signe une double critique. Il croque son pays natal qui cache, derrière une façade de respectabilité, les comportements les plus déviants. Il dévoile la façon dont le Royaume Uni est perçu à l’étranger, tout en se moquant du chauvinisme, du patriotisme démesuré et du conservatisme de ses compatriotes. En même temps, il propose une satire de l’industrie des loisirs qui, au nom de l’argent et du profit, est prête à toutes les ignominies, jusqu’à réecrire l’histoire pour attirer davantage de touristes,prêts à suivre toutes les nouvelles modes du moment, tant que c’est clinquant et populaire.

L’humour typiquement anglais et l’écriture au vitriol de Julian Barnes ravira les amateurs du genre.

Et malgré un début lent et peu passionnant (la présentation du milliardaire Jack Pittman et la conception du "fameux Projet" est, dans un premier temps d’une lecture ardue), on se prend au jeu dès que l’intrigue est mise en place et on termine le livre sans s’en rendre compte.