En cas de bonheur de David Foenkinos

En cas de bonheur

Le samedi 13 novembre 2010 par Sheherazade

« Il faut toujours une ville pour commencer une histoire. », nous dit l’auteur par l’entremise d’un de ses personnages. Et pour la finir, que faut il ? des scènes, des larmes, un éclat de rire ? celui du lecteur en tout cas.

Rien ne va plus entre Claire et Jean-Jacques ; après huit ans de mariage, leur couple s’est enfermé dans une telle routine qu’ils n’en perçoivent même pas l’ennui. Quoique désormais Jean-Jacques se sent prêt pour autre chose que les dîners en famille du dimanche, pour une aventure comme le lui suggère depuis longtemps son copain Edouard.

Lorsqu’il commence à trouver des prétextes à ressortir le soir, Claire comprend que quelque chose se prépare et s’en amuse presque, elle se doute qu’il a une liaison ; pour en avoir le cœur net, elle va s’adresser à une agence de détectives privés et là, tout va basculer. Claire va tomber amoureuse d’Ygor, quitter le domicile, et là c’est Sonia, la maîtresse sans entraves qui va perdre son charme. Jean-Jacques a compris, mais n’est il pas trop tard pour reconquérir Claire ?

«  En cas de bonheur » est un court roman qui met la lectrice/le lecteur de bonne humeur du début à la fin.

Ecrit par une femme on le qualifierait de « chick litt » (à propos, « chick litt » ça se traduit comment : « littérature poulette » ou « littérature cocotte » ?).

Sous la plume de David Foenkinos défile une galerie de portraits tous plus cocasses les uns que les autres, ils sont tour à tour piquants, amusants, émouvants ou franchement agaçants. A côté de Claire et Jean-Jacques, circulent Sonia la maîtresse, Edouard le copain divorcé, champion de la drague, le pousse-à-l’adultère ; il y a les parents de Claire, Ygor le détective privé timide mordu de cinéma et son oncle, le patron de l’agence qui se la joue détective à l’américaine.

Ceux-là sont ceux qui m’ont le plus fait rire ou grincer des dents, mais tout le roman est parsemé de portraits croustillants, certains plus déjantés que d’autres. On est dans le vaudeville littéraire, la comédie de boulevard que l’on verrait facilement sur scène.

Cette « anatomie d’un mariage » m’a beaucoup plu ; c’est un vrai livre de vacances, léger comme une coupe de champagne, acidulé comme le « lemon squash », un jus de fruits ressemblant à un coucher de soleil, croustillant et sucré comme une gaufre au sucre.

Il ne m’a fallu qu’un trajet de train pour le lire, mais ce fut certainement le trajet le plus gai de toutes mes vacances. J’ai eu beaucoup de difficultés à retenir mes éclats de rire, sous le regard un peu surpris et légèrement inquiet des autres voyageurs.