Dojoji et autres nouvelles de Yukio Mishima

Dojoji et autres nouvelles

Le mardi 2 septembre 2003 par Moebius

Qu’il s’agisse de comprendre le cheminement tortueux qui amène une jeune fille à abdiquer ses principes et user de sa beauté pour arriver à ses fins, ou encore de se glisser dans la peau d’un officier Japonais qui rentre chez lui vivre une dernière soirée avant que de se faire seppuku, Yukio Mishima en nous livrant force détails, s’immisce toujours un peu plus avant dans l’intimité de ses personnages et nous autorise ainsi à mieux décrypter ce qui constitue la base de la culture japonaise.

Au travers de ces 4 nouvelles (Dojoji, Les Sept Ponts, Patriotisme et La Perle), Yukio Mishima nous permet en effet de comprendre toute la portée que peu avoir le sens de l’honneur dans la société (particulièrement dans les deux dernières nouvelles), mais aussi comment celui ci est galvaudé aujourd’hui par une grande hypocrisie qui sert les intérêts personnelles rendant ainsi honneur et toute noblesse de sentiment "désuet"...

Mais, avant toute chose, "Dojoji" est un excellent exemple de ce que peut être la littérature japonaise : Une ambiance qui pourrait nous apparaitre comme toute droite tirée d’un roman de science fiction, et qui est pourtant profondément encrée dans la réalité des personnages. Comme bien souvent, la destinée et des forces naturelles indescriptibles mais omniprésentes semblent, sans qu’on ne les évoque directement, peser sur les personnages et guider leur vie. Et c’est un peu ça l’Asie !

Un bouquin très agréable à lire (au lecteur impatient, qu’il "saute" les septs ponts)


  • > Dojoji et autres nouvelles  22 avril 2004
    Il est vrai que ces nouvelles nous mènent encore plus moin dans les pensées de Mishima. Mais il est difficile de comprendre, voir même de vivre et découvrir ce qu’avait Mishima au plus profond lui si on ne lit pas le Soleil et l’Acier, et l’Interpretation du Hagakure. Puis enfin, sa plus grande oeuvre incontestable fut sa mise à mort par lui même, le très célèbre Seppuku. Là est le rapprochement de l’être, de l’art, du sentiment et de la détermination d’un homme perçu malheureusement comme un fanatique idéaliste et fou dénonçant pourtant à juste titre l’individualisme et les vices des sociétés modernes. Mishima ne s’adresse pas seulement au Japon mais au monde entier. Ce recueil de nouvelles l’atteste. Pour le peu que l’on connaisse aussi les mentalités de ce pays mais surtout la mentalité de cet écrivain d’exception irremplaçable. Yukio, repose en paix, l’âme fier.
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