Dix heures et demie du soir en été de Marguerite Duras

Dix heures et demie du soir en été

Le lundi 23 juin 2003 par Feline

Ce roman de Marguerite Duras pourrait se résumer à quelques mots : chaleur, pluie, alcool, adultère et meurtres. Pierre, Maria, leur fille Judith et leur amie Claire sont en route pour Madrid. Mais l’orage les contraint à s’arrêter dans un petit village castillan pour passer la nuit, village qui vient de servir de décor à un double meurtre. Rodrigo Paestra vient d’assassiner sa jeune femme et son amant.

C’est le soir, la chaleur est étouffante et l’orage gronde. La patrouille de police passe et repasse, les touristes s’entassent dans les couloirs de l’hôtel complet. Et cette chaleur encore. Maria boit, trop, beaucoup trop. Une histoire d’amour s’ébauche entre Pierre et Claire, demain, oui demain, elle se concrétisera. Et dans cette nuit, moite et humide, Maria, que le besoin d’alcool empêche de dormir, le voit, Rodrigo Paestra, couché, sur le toit en face...

J’étais restée, en ce qui concerne Marguerite Duras sur un mauvais souvenir, celui de "L’amant", qui ne me laisse qu’une sensation lointaine d’ennui. Je l’ai lu à 15 ou 16 ans, peut-être étais-je trop jeune, peut-être pas le bon moment, peut-être, peut-être,... Je me suis malgré tout convaincue de faire un nouvel essai. Réussi cette fois.

Je ne dirais pas que Marguerite Duras est un de mes auteurs favoris, mais ce livre m’a fait passer un très agréable moment. Au-delà de l’histoire, somme toute banale, la romancière s’y entend pour décrire une atmosphère. La chaleur, la pluie, l’orage et encore cette chaleur qui revient, écrasante, qui rythme le récit. Et les sentiments ! Malgré une véritable économie de mots, Marguerite Duras réussit à dévoiler les sentiments les plus profonds de ses personnages, par une parole, par un geste ébauché, par un comportement. J’ai parfois eu, au cours de la lecture, cette sensation d’assister aux événements, de les voir se dérouler, dans une sorte de flou, un petit peu comme si c’était moi qui avait abusé de ces manzanillas. Vraiment un très bon roman, très beau...