Detective Inspector Huss de Helene Tursten

Detective Inspector Huss

Le dimanche 3 avril 2005 par Sheherazade

La Suède, pays de notre vieille connaissance l’Inspecteur en Chef Kurt Wallander, offre quelque autres brillants inspecteurs de police comme la sympathique détective Irene Huss appelée sur les lieux de l’apparent suicide d’un important financier de la riche société suédoise.

L’homme se serait jeté du balcon de son appartement, quasiment aux pieds de son épouse et de son fils ! L’autopsie révèle rapidement qu’il ne s’agit nullement d’un suicide mais d’un meurtre car les suicidés ont rarement un hématome à la base du crâne.

Commence alors une véritable lente et longue enquête procédurale, sous le commandement du chef de police Sven Anderson. Un enquête délicate, où chacun ment, où l’on marche sur des oeufs car tout le monde connâit des gens influents. Pourtant, l’équipe des détectives est déterminée à découvrir la vérité, d’autant plus qu’une explosion et un autre meurtre la mettent en mauvaise position vis à vis des supérieurs et de la presse. Les enquêteurs découvriront une bien sordide histoire d’adultères, de mensonges et de drogue.

L’auteure, Helene Tursten, ne nous propose pas ici un polar où un seul personnage attire toute l’attention. Irene Huss, début de la quarantaine, est une jeune femme n’ayant pas de gros problèmes personnels - son défaut majeur est qu’elle ne sait absolument pas cuisiner, ce dont elle s’en fiche d’ailleurs éperduement. Son époux est un chef cuisinier renommé et les petits plats qu’il mijote pour sa famille valent le détour. La complicité des époux est indéniable, ce qui est pour l’inspecteur un réel soulagement après une pénible journée de travail.

C’est d’ailleurs le côté sordide et monstrueux de la nature humaine qu’elle côtoie par son métier, qui fait que Irene Huss craint pour ses filles adolescentes. Jenny surtout, la musicienne fragile et sensible, paraît être tombée dans les griffes d’un groupe néo-nazi au point d’en adopter l’apparence au grand effroi de ses parents, ainsi que les idées de négationnisme. C’est un ami et collègue des Huss, d’origine juive, qui les aidera dans à sortir de cette passe difficile.

Celui qui dans cette histoire fait le plus songer à Kurt Wallander est le commissaire Anderson : problèmes pondéraux, porté sur la bière, se nourrissant n’importe comment, bougon, râlant dès que se pointe un journaliste, détestant les relations avec le médecin légiste, la presse ou ses supérieurs ! Mais ce qui le dérange par dessus tout, ce sont les difficultés provoquées par l’admission des femmes dans la police : harcèlement sexuel, réflexions grossières et déplacées, frustrations masculines face à la compétence des collègues féminines (ah, le triste sens masculin de la compétition face à toute concurrence intelligente !)

Bien qu’ayant trouvé ce polar un peu long, j’ait été contente de faire la connaissance de cette blonde Suédoise, policière astucieuse, épouse aimante, mère tendre et attentive, amie loyale, bien dans sa vie et son travail, entourée d’une équipe compétente à la fois amicale ou hostile selon le collègue.

A découvrir pour les amateurs d’ambiances glauques où le social le dispute à la procédure policière.