Décès de Sébastien Japrisot de Sébastien Japrisot

Le jeudi 6 mars 2003 par Dadoo

PARIS (AP) - Sébastien Japrisot, auteur et scénariste à succès, lauréat d’un César pour "L’Eté meurtrier", est décédé mardi à l’hôpital de Vichy (Allier) dans sa 72e année, a-t-on appris jeudi auprès du centre hospitalier.

Né en 1931 à Marseille sous le nom de Jean-Baptiste Rossi, Sébastien Japrisot avait reçu en 1984 le César de la meilleure adaptation cinématographique pour "L’Eté meurtrier", film réalisé par Jean Becker, avec à l’affiche Isabelle Adjani et Alain Souchon.

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  • > Décès de Sébastien Japrisot  17 juin 2003

    Fan de Sébastien Japrisot, je voudrais savoir si , finalement, "Là-haut les tambours" a été publié ou non, ou bien s’il a une chance d’être publié un jour.

    Merci de me répondre à l’adresse suivante : sophie-david.sero@laposte.net


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  • Adieu l’ami  9 mars 2003, par Jean-Marie DAVID

    La mort de Jean-Baptiste Rossi m’affecte beaucoup comme vous tous. J’ai eu la chance de le rencontrer en septembre dernier, en tant que fervent lecteur et rédacteur du site internet qui lui est consacré. J’ai pu apprécier sa gentillesse chaleureuse et attentive. C’est un écrivain rare et précieux ! Il aurait pu vivre aux Etats-Unis ou en Suisse, il n’a jamais pris la grosse tête, a décidé de rester en France, de vivre dans la simplicité, loin des mondanités parisiennes. La France peut être fière de Japrisot qui fut et restera son ambassadeur à l’étranger : Japrisot est peut-être avec Jules Verne, l’un des écrivains français les plus lus à l’étranger. Ses romans, recommandés par l’Éducation nationale, font en outre partis des programmes scolaires. Une revanche, pour ceux qui crachent sur ces best-sellers et leur refusent le statut d’Oeuvre Littéraire.

    Japrisot prétendait ne pas aimer écrire. C’est faux, il était seulement très exigeant envers lui-même. Je vous reproduis sa réponse à une question posée dans le cadre d’une interview : À quoi sert l’écriture pour vous ?

    "Je ne pourrais pas vivre sans écriture, à aucun point de vue. Ni mentalement, ni moralement... ni financièrement. Je ne pourrais pas vivre sans écriture, je suis un écrivain et je crois que j’ai un Bon Dieu au-dessus de ma tête et en plus il est très conciliant avec moi. Il me permet de faire ce que j’aime, c’est-à-dire raconter des histoires et pouvoir en vivre, mais mon but véritable n’est pas tant de gagner de l’argent que de donner rendez-vous à mes lecteurs. Les lettres que je reçois sont mon oxygène, je les souhaite, je les demande. Ce n’est ni la presse, ni la petite notoriété que je peux avoir qui me comblent mais ces lettres pour me dire, tant mieux, qu’on a passé une nuit blanche en lisant un de mes romans. Evidemment cela m’oblige à me surpasser. J’ai reçu pour Un long Dimanche de fiançailles beaucoup plus de courrier que pour aucun autre. Et je me dis qu’il va falloir que je fasse très très attention et que je travaille encore plus dur la prochaine fois, quand je sentirai à nouveau que j’entre dans une période de grands désordres."

    Comme bon nombre de ses lecteurs, je "piaffais" d’impatience pour la sortie de "Là-haut les tambours", lui demandais des comptes pour ses romans qu’il n’avait pas achevés (La comtesse érotique, L’Arlequin dans le miroir, Une rose blanche peinte en rouge, Chronique barbare...), de novéliser "d’urgence" les scénarii de ses films pour avoir eu la chance de les voir (La machine à parler d’amour, L’Idée fixe, L’homme perdu dans son journal, Juillet en septembre...), de traduire "Alice au pays des merveilles" comme il l’avait laissé entendre... Du harcelement... J’ai fini par comprendre qu’en tant que lecteur, je faisais preuve d’égoïsme. Japrisot vivait à son humeur, alternant littérature et cinéma, avec la chance de pouvoir s’octroyer des années de silence méritées. Je ne sais pas s’il a terminé ses livres. Tout était dans sa tête : il fallait le voir réciter les premières phrases, les premiers paragraphes de ceux-ci... Japrisot nous laissera ce qu’il a laissé, sans regret aucun. Point. Une oeuvre magnifique, riche, forte et envoûtante.

    Denoël doit sortir deux volumes réunissant ses romans (l’un en mai comprenant ses romans "policiers" pour lequel j’ai élaboré l’annexe.) J’ai effectué des recherches à cette occasion à la BNF et ai retrouvé 5 nouvelles qu’il avait publiées dans des revues littéraires du temps de sa jeunesse. Ils seront publiés je le pense dans le deuxième recueil. Japrisot avait fini depuis longtemps d’écrire une pièce de théâtre "La lune apache" qui n’a jamais été montée car il ne connaissait rien au milieu du théâtre. Cette pièce y figurera certainement comme ses scénarii non novélisés et un roman illustré qu’il a publié en 1965 et qui n’a jamais été réédité : "L’Odyssexe". Il ne verra pas "Effroyables jardins", film de son ami Jean Becker qui sortira le 26 mars, adaptation du roman de Michel Quint qu’il "devait" lui-même faire. Ni l’adaptation d’"Un long dimanche de fiançailles" par Jean-Pierre Jeunet. Et j’ai appris dernièrement que "Piège pour cendrillon" allait être adapté par Iain Softley (ce roman l’a déjà été par André Cayatte et Jean Anouilh mais le film n’est passé qu’une seule fois à la télé en 1973).

    L’oeuvre laissée par Japrisot est bien vivante.

    Sachez que je mène de front avec des universitaires une étude analytique de notre cher auteur, en vue de constituer d’ici 2 ans un dossier très complet pour une publication dans une revue littéraire spéciale. C’est un travail qui ne relève pas d’un intérêt soudain pour l’oeuvre de Japrisot comme vous pouvez l’imaginer en ce qui me concerne, au contraire. Il y a une semaine, j’ai demandé à Jean Becker que j’ai rencontré à l’occasion de l’avant-première de son dernier film "Effroyables jardins" de m’écrire un article-témoignage sur ses rapports avec Japrisot.

    Qu’on ne se méprend pas, l’"adieu" dans cette expression "Adieu l’ami" a un sens antonymique et signifie "À demain".

    Adieu l’ami

    Jean-Marie


    Site sur Japrisot
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    • Adieu l’ami 9 juin 2008, par sophie
      bonjour, je viens de lire sur internet que vous envisagiez il y a quelques années de rédiger une étude analytique sur l’œuvre de Sébastien Japrisot, en vue de constituer un dossier très complet pour une publication dans une revue littéraire spéciale. Je suis intéressée par ce travail si vous l’avez poursuivi ; je fais partie de la famille de Jean Baptiste Rossi que j’ai en réalité peu connu et de mon côté j’effectue des recherches personnelles type psycho-généalogiques sur ma famille. Peut-être que votre travail pourrait apporter des pièces supplémentaires à mon puzzle ? Merci par avance de votre réponse, Bien à vous,
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    • Adieu l’ami 9 juin 2008, par sophie
      bonjour, je viens de lire sur internet que vous envisagiez il y a quelques années de rédiger une étude analytique sur l’œuvre de Sébastien Japrisot, en vue de constituer un dossier très complet pour une publication dans une revue littéraire spéciale. Je suis intéressée par ce travail si vous l’avez poursuivi ; je fais partie de la famille de Jean Baptiste Rossi que j’ai en réalité peu connu et de mon côté j’effectue des recherches personnelles type psycho-généalogiques sur ma famille. Peut-être que votre travail pourrait apporter des pièces supplémentaires à mon puzzle ? Merci par avance de votre réponse, Bien à vous,
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