Death at Wentwater Court de Carola Dunn

Death at Wentwater Court

Le dimanche 9 janvier 2005 par Sheherazade

En 1923, l’Angleterre se remet de la grande guerre et doit se rendre à l’évidence : la société est en pleine mutation. Les jeunes gens de la bonne société, de l’aristocratie même sont forcés à trouver un emploi ... certains vont même jusqu’à le vouloir, quel manque de tenue !

L’Honorable Daisy Dalrymple est de ceux là. Fille d’un vicomte anglais, a décidé d’être indépendante et de faire carrière comme journaliste-écrivain plutôt que de dépendre financièrement de sa famille. Grâce à ses relations dans la société, elle s’introduit à Wentwater Court afin d’écrire un article sur ce joli manoir pour le magazine « Town & Country ».

Rapidement, elle se voit confrontée à la mort de l’un des hôtes au cours d’un accident de patinage, qui pourrait bien être tout autre chose qu’un simple accident. Daisy se sent immédiatement l’âme d’un détective et commence à réaliser que dans les placards de l’honorable famille, il y a quelques squelettes : la nouvelle Lady Wentwater semble ne pas être fidèle à son très vieil époux, qui lui ne se rend compte de rien, ou alors elle est la proie d’un maître-chanteur ; la fille de Lord Wentwater est tombée sous le charme dudit maître-chanteur ; quant aux deux fils, l’un adore sa nouvelle belle-mère, l’autre la déteste.

Comme le mort est le maître-chanteur, de là à conclure au crime, il n’y a qu’un pas ! Entre en scène le séduisant inspecteur en chef Alec Fletcher de Scotland Yard, absolument pas d’accord que cette mêle-tout de journaliste (enfin presque journaliste) veuille se mêler de son enquête officielle. De plus, c’est quoi ces femmes qui veulent travailler ... Mais il ne connaît pas Daisy et sa détermination. Pas de problème, il va connaître ! C’est elle qui trouvera l’assassin, que cela lui plaise ou non et elle le lui servira sur un plateau, pourtant son cœur bat un tantinet plus vite quand il est dans les parages car il est peut-être obtus, cet inspecteur, mais bien séduisant tout de même.

L’Américaine Carola Dunn a parfaitement capté le style d’Agatha Christie, mélangé à un zeste de Patricia Wentworth ; son héroïne est résolument moderne, du moins en fonction des standards des années 20 en Angleterre.

Ses portraits de l’aristocratie anglaise sont fort drôles, du stoïque lord anglais jusqu’à ses neurotiques enfants et son évaporée de nouvelle épouse, en passant par l’invité plutôt odieux ; elle utilise des expressions typiquement « british » dans les dialogues, ce qui les rend vraiment savoureux ; l’atmosphère est tellement bien rendue que pour un peu on s’y croirait dans les salons anglais à l’heure du thé.

On est loin ici des polars psychologiques dans le style de Ruth Rendell ou P.D.James, mais on passe un excellent moment de détente et je me suis souvent prise à rire à la façon dont Daisy « mouche » son inspecteur en chef.