Death at Daisy’s Folly de Robin Paige

Death at Daisy’s Folly

Le dimanche 26 août 2007 par Sheherazade

Kate Ardleigh, détective-amateur et auteure américiane d’origine irlandaise - sa seule excuse pour être l’auteure de « penny dreadfuls » (petits romans policiers paraissant dans des éditions bon marché, à un « penny », d’où leur dénomination), devrait être aux anges puisque Sir Charles Sheridan avec qui elle a déjà résolu quelques enquêtes, lui a déclaré son amour.

Hélas, du fait qu’il risque d’être nommé baron sous peu en raison de la mort imminente de son frère aîné, n’ayant pas d’héritier, une coutume ancestrale toujours en cours dans l’Angleterre victorienne, interdit à Sheridan - en principe - le droit d’épouser Kate puisqu’elle est roturière.

Mais, si les conventions sociales les séparent, les amoureux ont toujours la possibilité de se retrouver autour d’un bon petit crime à résoudre, après tout on se retrouve comme on peut quand la « bonne » société est contre vous !

Cette fois, ils se retrouvent par hasard (quelle surprise !) à Easton Grange, la demeure de lord et lady Brooke, les comte et comtesse de Warwick. Parmi les autres invités de ce couple célèbre, se trouve le prince héritier Edward, fils de la reine Victoria... et l’amant de Frances Evelyn, surnommée « Daisy », qui ne correspond pas vraiment à l’image que l’on se fait d’une lady victorienne. Lady Greville adorait les fêtes, ses salons étaient recherchés et comme il était assez courant à l’époque, une jeune femme intelligente et tenant salon était souvent la maîtresse d’un roi ou d’un prince héritier. L’ennui avec Lady Greville, c’est la propension qu’elle a ne pas avoir le comportement que l’on considère comme approprié à son rang, même le prince Edward la trouve parfois un peu trop familière avec lui et commence à sérieusement se fatiguer qu’elle soit le principal sujet de cancans.

Ce qui va se produire pendant ce week-end va toutefois aller bien plus loin que la simple rumeur. Tout d’abord, un garçon d’écurie est trouvé mort. Puis c’est un gentilhomme que l’on trouvera assassiné, non loin de l’endroit où « Daisy » se retrouve parfois en galante compagnie. Bref, ce qui devait être une fin de semaine remplie de fêtes brillantes tourne littéralement au cauchemar.

La mort du garçon d’écurie semble être un accident, mais Charles Sheridan n’en est pas convaincu. D’autant plus, qu’il n’y a absolument aucun doute quant au deuxième mort, là c’est absolument un crime.

Bertie, qui par-dessus tout déteste le scandale et n’a nulle envie d’en être éclaboussé car si cela venait aux oreilles de son auguste maman, il aurait des problèmes, va prier sir Charles de s’occuper de cette affaire, de la manière la plus discrète possible faut-il le spécifier. Et ce petit fûté de Charles va demander au prince s’il autorise Kate à le seconder... Edward ironise sur ses « Holmes & Watson » personnels, mais permet.

Pour Miss Ardleigh cette enquête va de soi car Lady Brooke est son amie, quelle que soit sa réputation et Kate est une amie fidèle. De plus, malgré les apparences, elle est convaincue que l’on tend un piège à son amie afin de la discréditer complètement aux yeux du prince. Il est vrai que Daisy parlant bien souvent à tort et à travers s’est fait beaucoup d’ennemis, mais par ailleurs le prince Edward n’est pas le seul objet de son affection et il semblerait qu’il existe une lettre compromettante.

Beaucoup de questions se posent, peu de réponse, mais Kate est une fine mouche et c’est elle une fois encore qui découvrira des éléments qui aideront à résoudre l’enquête. Les apparences seront sauves, mais peut être pas la position en cour de Lady Greville.

On retrouve, comme à l’accoutumée dans la série, dont « Daisy’s Folly » est le 3ème épisode, un mélange habile de fiction et de faits réels. Le roman décrit avec détail les us et coutumes des aristocrates de l’époque victorienne, remplis de leur soi-disant importance, de leurs rangs en cour. Mais quelle étrange société que cette société victorienne qui n’autorise pas le mariage entre un baron et une roturière mais considère comme parfaitement légitime qu’une comtesse, mariée, reçoive son amant dans sa résidence privée, en présence de l’époux complaisant qui voit là une manière supplémentaire de s’élever dans la société.

La personnalité de la comtesse de Warwick n’était pas uniquement cette aristocrate futile et écervelée que l’on s’est fait un plaisir de décrire.

C’était aussi une jeune femme que le sort des jeunes filles pauvres tenait à cœur, et elle avait créé une école de couture à Easton dans le comté d’Essex. De plus, féministe avant la lettre, elle créa également le Studley Agricultural College for Women.

Un peu, parce que c’était la mode, elle s’intéressa au socialisme et ses salons d’Easton Lodge abritèrent parfois des réunions de syndicats ouvriers.

Elle créa également les magnifiques jardins d’Easton Lodge, qui restera sa résidence préférée et privée, après qu’elle ait pris ses quartiers au château de Warwick. L’écrivain H.G. Welles résida dans la propriété d’Easton.