Crewel World de Monica Ferris

Amateurs de meurtres, à vos aiguilles !

Crewel World

Le mardi 15 février 2005 par Sheherazade

Lorsque Betsy Devonshire (- 55 ans, pas un sou vaillant, sans emploi et divorçant d’un mari qui lui préférait ses étudiantes -) rejoint sa soeur Margot Berglund à Excelsior dans le Minnesota, elle n’a réellement aucune idée de ce qu’elle va devenir, ni de ce qu’elle va trouver.

Margot, veuve, propriétaire d’une boutique de travaux à l’aiguille en tous genres (tricot, point de croix, broderie, tapisserie) et le coeur sur la main, accueille à bras ouverts cette soeur aînée considérée comme le mouton noir de la famille en raison de son caractère imprévisible.

Crewel World est un commerce florissant grâce à une sympathique équipe de collaborateurs à temps partiel surnommé "le Gang du Lundi" !

Tout le monde aime Margot : non seulement cette femme charmante est gentille avec tous, mais de plus elle est un membre actif dans les activités charitables de la petite ville d’Excelsior (bénévole dans plusieurs domaines de bienfaisance, administratrice de la direction du musée local), bref Margot n’a que des amis, pourquoi dès lors est-elle assassinée, un soir où sa soeur est au théâtre ? Betsy, horrifiée, la retrouve le crâne fracassé au milieu de la boutique saccagée ; quant à la grassouillette Sophie, chatte angora et mascotte de la boutique, elle a été laissée pour morte par le criminel.

Le premier suspect venant à l’esprit de presque tout le monde est le propriétaire de l’immeuble, à qui un bail mal conçu empêchait la fermeture de la boutique, or l’homme est désireux de raser ce vieil immeuble afin d’y construire un bâtiment de prestige donc plus cher et plus rentable pour lui. Manque de chance pour lui, Margot a fait un testament léguant tout à sa soeur : boutique et bail, résultat le propriétaire est marron ! L’autre suspect serait Irène Potter, merveilleuse brodeuse, mais personnalité très excécrable et employée éconduite.

Comment Betsy devenue seule héritière de sa soeur, qui n’a aucune idée de ce qu’est un fil à coudre ou une toile aîda, qui ne sait même pas tenir une aiguille, va-t-elle ou non reprendre "Crewel World" ? Avec l’aide de Jill, jeune femme policière amie de Margot, Betsy décide de d’abord découvrir l’assassin de sa soeur, ensuite elle avisera quant à l’avenir de la boutique.

Le style de ce petit roman policier sans prétention n’est pas extraordinaire, mais - sans jeu de mots - la trame de l’histoire est gentiment amenée ; le livre se lit en un week end donnant par-ci, par-là quelques détails sur les travaux à l’aiguille à ceux ou celles que ce genre de passe-temps intéressent ; je n’en suis pas vraiment car lorsque je tricote, j’oublie l’ouverture des bras ou de la tête, si je brode je perds le cours du dessin et cela devient monstrueux, toutefois les vrais amateurs de broderie y découvriront certainement quelques idées car chaque volume contient un patron et détails pour un travail au point de croix ou dentelle ou tricot, selon que l’enquête concerne un travail à l’aiguille de ce type.

Alors que les écrivains anglo-saxons outre-Manche aiment les enquêtes policières menées par le détective préféré de l’auteur, les écrivains d’outre-Atlantique adorent transformer en détectives-amateurs les propriétaires de boutiques n’ayant en principe aucun rapport avec le travail policier, introduisant ainsi une enquête dans des mondes bien caractéristiques comme par exemple, Hanna Swensen, l’héroïne de Joanna Fluke, pâtissière et propriétaire des Cookie Jar-murders, ou Annie Darling de Carolyn Hart, propriétaire de la librairie Death-on-Demand spécialisée en polars.

Certaines enquêtes se situent chez des fabricants de chocolat, chez des propriétaires de boutiques de thé ou café, dans des pensions de famille, chez un traiteur, bref on fait feu de tout bois pour inventer un petit meurtre ; les personnages secondaires apportent généralement une note d’humour supplémentaire et aident à la résolution du crime. Toutes ces aventures n’ont pas la prétention d’être de "grands livres", simplement d’agréables moments de délassement.