Coule la seine de Fred Vargas

Coule la seine

Le dimanche 8 août 2004 par Sheherazade

Sous ce titre sont réunies trois nouvelles brèves ; dans chacune d’elles on retrouve le commissaire Jean-Baptiste Amandsberg, celui qui trouve intéressant de "faire quelque chose en ne faisant rien", qui se fie à l’instinct et qui croit aux forces de l’humanité.

Dans "Salut et Fraternité", Amandsberg est assisté du lieutenant de police Danglard qui, au contraire de son supérieur, aime bien se démener, se fie à la réflexion et croit aux forces du vin blanc, de préférence assez tôt le matin !

Leur enquête les amène à fréquenter Vasco, un paumé assis sur le banc face au commissariat, entouré d’une patère et d’un lampadaire, semblant prendre un malin plaisir à les narguer ; tout comme d’ailleurs les narguent les lettres anonymes signées "Salut et Fraternité" ; les policiers vont piétiner longtemps avant de découvrir la solution qu’ils avaient presque sous les yeux. L’ambiance de cette première nouvelle est particulièrement glauque et un peu difficile à encaisser.

Dans "La Nuit des Brutes", Adamsberg enquête avec Deniaut, le petit nouveau du commissariat, et Danglard toujours, qui n’est pas exactement de très bonne humeur. Le soir de Noel un crime a été commis, ce qui choque Danglard ; l’enquête permet de faire la connaissance d’un ivrogne très sympathique qui les mettra d’ailleurs sur la piste du meurtrier. "La Nuit des Brutes" m’a particulièrement plu car - par l’entremise du commissaire - l’auteur expose quelques théories sur Noël, que je partage totalement.

La 3ème nouvelle : "Cinq francs pièce" m’a paru d’un régistre un peu plus faible que les précédentes, surtout plus courte et laissant le lecteur sur sa faim.

Les trois nouvelles sont écrites dans le style typiquement "Vargas", c’est-à-dire caustique, drôle, avec des phrases brèves pleines de cynisme, mais d’un cynisme jamais méchant. Il s’agit plutôt de réflexions sur l’existence, sur les êtres paumés soit attendrissants, soit franchement déplaisants.