Cosmos Incorporated de Maurice G. Dantec

Cosmos Incorporated

Le samedi 15 octobre 2005

Cosmos Incorporad décrit un monde, où les forces de l’obscurantisme étendent leur règne, les connaissances se perdent, les recherches scientifiques authentiques sont interdites, tout comme le catholicisme d’ailleurs...

On ne peut manquer de faire un parallèle entre Dantec et Houellebecq.

Même univers post et néo humain, pensée droitière clairement affirmée (il avait été reproché à l’auteur de Cosmos Incorporated d’avoir adressé ses vœux au groupuscule d’extrême droite « bloc identitaire »), même exil hors de France (Houellebecq en Irlande, pour des raisons fiscales, Dantec au Canada, par conviction idéologique afin de fuire une société française prise dans les mailles du grand filet invisible des nihilismes), même tractations en vue d’un transfert d’éditeur (de Gallimard à Albin Michel, via Flammarion) par agent interposé.

Là s’arrête la comparaison car ce qui différencie ces deux auteurs de science-fiction c’est, d’abord leur rapport à la littérature et à la création.

Chez Houellebecq le style est plat et les idées, depuis L’extension du domaine de la lutte, stagnantes démontrant une absence de capacité créatrice. Avec Dantec nous sommes frappés par cette mise en abîme d’un monde aux frontières du thriller technologique, du roman d’anticipation et de l’expérience mystique, générée par une extraordinaire puissance de l’écriture.

La littérature, disait Deleuze implique une recherche et un effort spéciaux, une intention créatrice spécifique. L’écrivain envoie des corps réels ajoutait-il. En ce sens, l’auteur des Racines du Mal est un, réel, grand écrivain. Si la littérature ne vous change pas en profondeur, si le fait d’écrire ne vous précipite pas vers un feu qui consume tout ce qui, en vous peut être consumé, autant devenir buraliste ou huissier de justice, ou journaliste aux Inrockruptibles, prévient Dantec.

Gilles Deleuze n’aurait pas dit mieux.

Pour Maurice G Dantec, ce n’est pas la science mais la littérature qui dit la vérité.

Extrait d’un article publié par Bernard Lallement sur sartre.blogspirit.com