Cinq heures vingt-cinq de Agatha Christie

Un livre-audio, une dramatique de la BBC basée sur la nouvelle de la Reine du Crime

Cinq heures vingt-cinq

Le dimanche 28 octobre 2007 par Sheherazade

Qui a tué le capitaine Trevelyan, un homme connu pour n’avoir aucun ennemi ? En tout cas il a bien dû en avoir un, puisqu’il a été assassiné !

Tout avait pourtant commencé de manière amusante, par une réunion à Sittaford, une propriété appartenant au capitaine, située non loin de Dartmoor et sa sinistre prison-asile.

Quelques voisins, habitants de Sittaford, s’étaient retrouvés joyeusement malgré la tempête de neige. Violet, la charmante fille de la maison, proposa une soirée de spiritisme puisqu’un bridge était exclu compte tenu qu’ils étaient six. Seulement voilà, cette petite séance, qui devait n’ être qu’un jeu, va bien vite s’avérer plutôt sinistre puisque l’ « esprit » présent annonce le meurtre, celui du capitaine Trevelyan à exactement 5.25 h ! Cela vous jette un de ces froids, même par une journée d’hiver !

L’ami de Trevelyan, le major Burnaby, bouleversé, part jusqu’au village où réside le capitaine et le trouve effectivement mort et son bureau est sens dessus dessous. De là à conclure à un vol ayant mal tourné, il n’y a qu’un pas mais qui ne satisfait nullement l’inspecteur Narracott. Il demande rapidement l’ouverture du testament auprès de l’avoué de l’homme mort, afin d’y trouver une piste éventuelle.

D’autant plus, que peu à peu, au cours de l’enquête, il s’avère que Trevelyan n’était pas un homme si aimable que cela, très psycho-rigide, ne supportant pas les femmes au point d’avoir obligé son valet de pied à vivre ailleurs après son mariage, ayant refusé de l’aide et tout contact avec sa famille.

A la surprise de tous, le domaine est partagé entre les quatre membres de la famille du capitaine ; cela jette donc un jour nouveau sur la liste des suspects et, finalement, on arrête l’un des neveux de Trevelyan, un jeune homme ayant pas mal de dettes et totalement dépassé par les événements, clamant bien haut son innocence et son désespoir.

Son innocence ne fait aucun doute aux yeux de sa fiancée, la dynamique Emily Trefusis aussi décide-t-elle de mener une enquête de son côté en compagnie du journaliste Charles Enderby, venu apporter un chèque au major Burnaby pour avoir gagné un concours du journal. Subjugué par l’enthousiasme d’Emily, le jeune reporter accepte flairant le scoop !

Ils apprennent ainsi que les autres neveux du capitaine assassiné ont menti sur leur emploi du temps, que Violet et sa mère ne sont pas non plus ce qu’elles prétendent, bref la liste des suspects s’allonge à vue d’œil et la curiosité d’Emily et son scribouillard n’est pas totalement du goût de l’inspecteur. Mais la jeune femme est bien trop convaincue de l’innocence de son fiancé pour laisser tomber.

On retrouve avec plaisir bien des ingrédients connus chez Agatha Christie ; j’y ai même retrouvé des éléments d’autres romans tels les personnages de Violet Willett et sa mère qui ne sont pas sans rappeler « Le Crime du Golf ».

Cette dramatisation d’une courte nouvelle est absolument épatante ; le scénariste Michael Bakewell a parfaitement saisi l’atmosphère de la Reine du Crime et toute la troupe de la BBC interprète les personnages de Lady Agatha à la perfection : de l’indépendante et déterminée Emily, jusqu’à la vieille dame paralysée fouinant dans la vie des autres par neveu interposé, en passant par le journaliste amoureux et le fiancé effondré par les accusations pesant sur lui. Sans oublier l’inspecteur bourru, le vieux monsieur passionné de botanique et de criminologie.

Bien qu’ayant deviné qui était le coupable et ses raisons pratiquement dès le début, j’ai « marché » à fond jusqu’à ce que l’inspecteur ne l’arrête, car de toute façon je n’avais pas compris comment il avait procédé.

Je l’ai déjà dit, je suis une grande amatrice de livres-audio, et plus particulièrement lorsqu’ils sont de cette qualité, rendant les personnages totalement réels.