Ciel brûlant de minuit de Robert Silverberg

Quand un nouveau Robert Silverberg arrive sur le marché, on ne peut qu’apprécier...

Ciel brûlant de minuit

Le vendredi 24 octobre 2003 par lunardistortion

"Ciel Brûlant de Minuit". Le titre, d’inspiration poétique, se révèle très efficace et percutant. D’emblée le lecteur se retrouve confronté à un avenir proche et tout à fait plausible qui préfigure peut-être ce qui nous attend dans quelques décennies. Vous avez deviné ?

Notre bonne vieille planète, désormais sous la domination de puissantes multinationales, est confrontée à des problèmes écologiques conséquents. Le soleil est devenu brûlant (trou dans la couche d’ozone oblige) et on ne sait plus trop comment fonctionne le climat (la zone tempérée se situe désormais au Moyen-Orient). Pourtant, ces changements ne semblent pas réellement affecter la population. C’est que le but n’est plus de modifier l’environnement, mais d’adapter l’humanité. La science génétique tente donc de modifier l’organisme humain afin qu’il s’habitue aux nouvelles contraintes (air saturé en CO2, températures, ...).

Mais à l’instar d’autres romans de Silverberg, Ciel Brûlant de Minuit nous offre une vision très pessimiste de l’avenir. Tant que l’individu ne s’écarte pas du système, tout va bien. Mais dès lors qu’il souhaite suivre sa propre voie, rien ne va plus. C’est ainsi que les personnages du roman se débattent en permanence afin d’apporter un semblant de piquant à leur vie peu enthousiasmante. Le moindre élan passionné se retrouve cependant dilué dans un univers triste mais plausible, où la notion de personne n’a plus de signification. Imaginez alors un héros terne et peu ambitieux et vous obtiendrez une fin d’histoire moralisatrice aux accents salvateurs. Un livre de Silverberg, en somme...

A lire si vous êtes un fan de Robert Silverberg (c’est mon cas). Pour les autres, il vaut mieux ne pas être trop déprimé avant de lire ce roman sous peine de mélancolie aggravée.