Ca ira mieux demain de Jean Failler

Une enquête de Mary Lester

Ca ira mieux demain

Le samedi 19 novembre 2005 par Sheherazade

Mathilde Tristani, jeune fille « bien » ou plutôt « gosse de riches », a disparu. Depuis bientôt trois semaines et sa mère, Anastasie Tristani surnommée « La Grande Thasie » n’a même pas signalé sa disparition. Même la supérieure du couvent des Saints-Anges n’a pas pris cette peine.

Fugue ou enlèvement ?

Mary Lester ne croit pas trop à la théorie du rapt, aucune demande de rançon n’ayant envoyée aux parents. Mais comme son supérieur par interim - le commissaire Fabien étant en convalescence - lui demande de s’occuper de cette affaire avec discrétion, évidemment !, elle s’en occupe donc. Où commencer les recherches ? le père de la jeune fille est introuvable et les rencontres avec la mère sont plutôt musclées. Celle-ci, importante femme d’affaires habituée à commander, à tout contrôler, accepter mal qu’une jeune fille, fût-elle capitaine de police, vienne la remettre à sa place.

Car que ce soit dans un couvent (où le capitaine Lester retrouve une vieille connaissance), ou dans le monde des affaires, quand Mary Lester mène une enquête elle le fait à sa manière et s’encombre peu ou prou des ordres qu’on lui donne. A diverses reprises, son « patron » intérimaire menace de lui retirer l’affaire car l’enquête piétine, et comment ne piétinerait-elle pas puisqu’il n’y a pratiquement aucun indice, sauf peut être cet envoi anonyme de photos compromettantes pour le père et qui semblerait avoir déprimé Mathilde au point de lui donner envie de tout quitter. A moins que ces photos soient le début d’un chantage dont le rapt serait le deuxième stade ? Bref que des questions mais pas de réponse concrète.

Mary Lester découvre toutefois que Mathilde avait un amoureux ce qui confirmerait plutôt la théorie de la fugue ; mais le jeune garçon n’a plus aucune nouvelle non plus de son amoureuse. Alors quoi ?

Petite enquête bien prévisible que ce «  Ca ira mieux demain  » conté désormais à la première personne depuis la pénible affaire de la procédurière. Mais les aventures de Mary Lester commencent à s’essouffler.

Le thème de « Romeo et Juliette » n’est pas neuf, il fait même l’objet de plusieurs adaptations que ce soit en roman ou au cinéma ; j’avoue avoir très rapidement deviné la trame de cette histoire et la fin, prévisible, m’a donné raison.

Il y a cependant d’amusants moments, notamment les joutes verbales entre Mary Lester et son supérieur ad interim, ou avec la supérieure du couvent où elle enquête, sans oublier les blagues de JiPi Fortin. Comme à l’accoutumée, certains portraits de femmes sont caricaturaux et donc déplaisants ; même « la grande Thasie », femme forte, dure en affaires, méprisant son artiste d’époux, ne parvient pas à émouvoir lorsqu’elle s’inquiète pour sa fille.

Quant à la mère du petit copain de Mathilde, c’est encore pire. Rarement a t on vu pareille virago dans un roman, elle es td’une méchanceté et d’une vulgarité incroyable ; le fait d’en avoir fait une syndicaliste est encore plus déplaisant car cela sent la caricature méchante à plein nez.

Bref, les précédentes aventures policières étaient passionnantes, on s’amusait aux impertinences de la sympathique capitaine de police, mais là on est assez près de l’ennui.

Heureusement, l’auteur y parle toujours avec autant d’images et d’amour de la Bretagne.


  • Une enquête qui change  12 janvier 2006, par Morcar

    Rien que pour ces passages dans lesquels Mary rencontre la supérieure du couvent, ce roman m’a plu.

    J’ai été cependant un peu déçu par le remplaçant du commissaire Fabien. Vu le type de personnage que c’était, je pense que l’auteur aurait pu mieux l’utiliser. J’ai eut l’impression qu’il était "sous-utilisé". Peut-être l’auteur l’a-t-il inséré pour le réutiliser plus tard...


    Site non officiel des enquêtes de Mary Lester
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