Bons baisers du purgatoire de Anne Cecili

Bons baisers du purgatoire

Le mercredi 2 juin 2004 par Sheherazade

Franny Monroe est bizarre, du moins c’est l’opinion que l’on a d’elle. Ce que l’on ignore, c’est que Franny a une petite soeur dans sa tête depuis que sa mère a fait une fausse couche.

Donc, un jour, Franny découvre que cette petite soeur jamais née s’est accaparé une place dans sa tête et a décidé d’y grandir pour bientôt l’éliminer et prendre sa place. Au début, tout allait bien pourtant, leur relation était sympa, la petite soeur était mignonne, seulement depuis quelque temps elle provoque d’épouvantables migraines chez Franny et en plus, elle est méchante ; elle la critique sans arrêt, la trouvant totalement stupide. Le comportement de Franny devenant de plus en plus erratique, sa famille se trouve fort embarrassée.

Cette famille est une véritable horreur : un père, véritable "beauf’" vulgaire, décidé à devenir le maire de son patelin de Middle-West grâce à la fortune gagnée avec son soda ; une mère tremblant sous les coups et les injures, qui regarde sa fille "anormale" de travers, ne bronchant pas devant le père qu’elle décide de quitter en douce.

L’adolescente commence à ruer dans les brancards et suite à une sortie nocturne en cachette, le père est décidé à la "dresser" ; pour cela il faut la soustraire au climat néfaste de la ville : drogue, prostitution, délinquance !

Rien de tel que de l’emmener à Purgatory, la petite ville bien-pensante où il a grandi, une petite ville américaine bien propre, où le racisme et la mentalité rigoriste sont de rigueur ; là, les jeunes sont bien élevés !

Mais à Purgatory, personne n’a oublié la cruauté du père Monroe ; quelqu’un dans l’ombre est enchanté d’avoir enfin l’occasion de mettre sa vengeance à exécution et c’est la simplette Franny qui fera les frais de la haine provoquée par son père. Pour elle commence une lente mais certaine descente aux enfers.

J’ai eu la sensation de recevoir un coup de poing à l’estomac avec cette descente dans l’Amérique profonde ; ce polar est plein de haine et de méchanceté du début à la fin. Le dédoublement de personnalité de l’adolescente est effrayant compte tenu de la véracité de ton avec laquelle il est décrit. Si Purgatory est un exemple de ce que sont certaines petites villes américaines sous George Walter Bush Jr, il y a de quoi craindre le pire.