Blood at the root de Peter Robinson

Une chronique du racisme ordinaire

Blood at the root

Le vendredi 14 juillet 2006 par Sheherazade

Eastvale dans le Yorkshire est aussi en butte aux crimes raciaux et au racisme ordinaire que n’importe quelle grande cité anglaise désormais. Un jeune homme blanc est retrouvé battu à mort dans une impasse un samedi soir et l’enquête préliminaire mène l’inspecteur en chef Alan Banks vers les milieux pakistanais et islamistes de la petite ville.

L’enquête sur la mort du jeune Fox va mener l’inspecteur à Leeds, où il retrouve une vieille connaissance, à savoir la jeune violoniste , victime de violences lors de l’enquête sur les agissements d’un expert comptable. Les traces que suivent les inspecteurs chargés de l’enquête est celle de la haine ; bien vite on découvre que le jeune homme en question était un membre actif d’un mouvement à la droite de l’extrême-droite, un mouvement des plus racistes nommé « Albion League », dont les agissements sont dans le colimateur d’instances supérieures. Les activités de ce groupe neo-nazi comprennent non seulement l’achat et la vente d’armes mais aussi du trafic de drogue, ce qui mènera Banks à se rendre à Amsterdam.

Rien ne va plus dans la vie de l’inspecteur en chef Alan Banks : découragée par leur manque de communication et son égocentrisme, son épouse l’a quitté et le chef de police Riddle se venge ; il lui règle son compte pour ne pas avoir ménagé ses relations importantes au cours de l’enquête précédente ; il prend donc comme prétexte le voyage-éclair à Amsterdam qui servait à réunir des éléments supplémentaires à l’enquête. Or quelqu’un a déjà avoué, donc ce voyage au yeux du divisionnaire était inutile. Pour l’inspecteur, l’homme qui a avoué n’est pas seul coupable. Ce voyage ayant été une initiative de Banks, sans en avoir référé au commissaire en chef, ce dernier n’est que trop heureux de le suspendre en attendant le conseil disciplinaire.

La consolation est maigre de savoir que Riddle est un homme ambitieux, détesté de tout le personnel mais craint autant que haï.

Le nouveau divisionnaire a instauré au sein du poste de police d’Eastvale un véritable réseau de jeunes policiers ambitieux prêts à espionner leurs collègues afin d’être bien vus du supérieur.

Même le superintendant Grishorpe, chef direct de Banks, s’est fait taper sur les doigts pour avoir laissé la bride sur le cou à son subordonné ; pour le superintendant, seuls comptent les résultats obtenus et Banks en a obtenus de solides ; pour le commissaire en chef, la forme est plus importante que le fond et son antipathie pour l’inspecteur en chef est véritablement viscérale.

Pas étonnant que l’inspecteur en chef (qui dans sa relation d’homme marié est quand même assez agaçant, il faut le dire) soit aigri à la fin de cette enquête, et ce malgré l’assistance en sous-main de la jeune détective Susan Gay consciente des risques encourus, d’autant plus que la réussite des examens au grade de sergent détective lui ouvre beaucoup de possibilités. Il est vrai que l’amour secret qu’elle couve pour son chef la rend plus audacieuse que la prudence face à sa nouvelle carrière ne le permettrait. Décidément, rien n’est simple.

Sur fond de problèmes tant personnels que professionnels, cette nouvelle enquête de l’inspecteur en chef Alan Banks et son équipe aborde le problème du racisme à tous les niveaux : du plus ordinaire à l’extrémisme le plus exacerbé. Chaque communauté, qu’elle soit blanche ou de couleur ou religieuse, est abordée avec le même souci de vérité. On y retrouve les poncifs habituels de l’extrême droite à la victimisation des ethnies et communautés religieuses diverses promptes à en appeler au non-respect des droits de l’homme.

Peter Robinson parvient à faire réfléchir le lecteur tout en lui apportant une enquête passionnante.

ATTENTION : pour les personnes qui ont, comme moi, le plaisir de lire les enquêtes de l’inspecteur Banks en anglais, qu’elles soient conscientes que certains titres en Angleterre sont différents des titres aux U.S.A mais qu’il s’agit cependant de la même histoire.

BLOOD AT THE ROOT porte aussi le titre DEAD RIGHT - ceci n’est cependant pas signalé par AMAZON FR, UK ou USA, et a déjà induit certains lecteurs à acheter les livres sans savoir qu’il s’agissait de la même histoire et se retrouver donc avec un "double emploi".