Bella Mafia de Lynda LaPlante

Une histoire très semblable au « Godfather » de Mario Puzo, sauf qu’ici ce sont les femmes qui prennent les choses en main.

Bella Mafia

Le samedi 4 juin 2005 par Sheherazade

Les familles Carolla et Luciano sont en lutte pour le pouvoir depuis longtemps ; régulièrement des morts tombent de part et d’autre, mais cette fois il s’agit du fils préféré de Don Roberto, Michael Luciano, 20 ans et héritier de l’empire. Il ne fait aucun doute que c’est Paul Carolla qui est le meurtrier et Don Roberto a accepté de témoigner contre l’assassin de son fils.

Ce qu’il ignore, c’est que Michael était amoureux d’une adorable jeune fille, pauvre bien sûr. Les amoureux se cachaient jusqu’à leur mariage secret ; hélas Michael se fait tuer avant et Sophia met au monde leur fils bâtard, que les nonnes du couvent où elle est employée lui retirent immédiatement à la naissance, sous prétexte d’adoption. Elle attache autour du cou de l’enfant une petite chaîne, espérant qu’un jour elle pourra le retrouver. Elle le retrouvera, mais dans des circonstances épouvantables.

Le fils handicapé de Carolla est dans une institution tenue par des religieuses (vous commencez à voir le topo ?), un jeune homme de peine le remarque et devient son ami, à tel point que lorsque le fils Carolla meurt (naturellement ?), Paul Carolla adopte Luka, l’ami de son fils dont il compte faire l’instrument de sa vengeance.

Pendant ce temps, dans la famille Luciano, où il n’y a que des fils, Sophia qui y a été engagée comme jeune bonne, rencontre l’un des autres fils de la famille qui l’aime et décide de l’épouser. On suit l’histoire de la famille Luciano, de fils en belle-fille, de naissance des jumeaux de Sophia (qui lui feront oublier le drame de ses 16 ans) ; la veille des noces de la jolie Rosa, fille de Theresa, un dîner réunit les hommes de la famille que l’on retrouve tous empoisonnés au matin. Par ailleurs, l’assassin cruel met aussi à mort les jumeaux de Sophia : aucun fils Luciano ne doit rester en vie.

Les veuves Luciano vont faire taire leur chagrin et concocter sur Carolla et son fils une vengeance digne des plus grands drames antiques. C’est Graziella, l’épouse du don, qui dictera leur conduite à ses belles-filles et à sa petite-fille afin que l’assassin de leurs maris soit jugé à la manière de la Mafia. Leur vengeance sera implacable et la plus forte d’entre elles, la douce Sophia, se transformera en nouveau « capo » de la famille malgré l’évidente réprobation des autres chefs mafieux pour qui une femme ne doit jamais se mêler de leurs affaires. Mais les femmes Luciano ont prouvé leur détermination et plus personne ne leur dictera leur conduite, elles ont rendu sa puissance à la famille Luciano d’où leur mérite au titre de « Bella Mafia ».

Ce roman comprend tous les ingrédients d’un thriller consacré à la mafia italienne dans le style de Mario Puzo : violence, y compris l’infanticide qui est décrit avec un peu trop de complaisance à mon gré ; spaghetti et chianti, sexe, assassin à l’identité masquée afin de s’introduire chez l’ennemi, amour et tendresse, mais surtout vengeance implacable.

Lynda LaPlante n’hésite jamais à donner des détails, même sanglants, avec il me semble une certaine complaisance. Cependant, le roman est passionnant et bien que ce soit une « brique », il est difficile à lâcher.