Beach Music de Pat Conroy

Beach Music

Le jeudi 24 mars 2005 par Feline

Jack McCall est parti s’exiler avec sa fille Leah à Rome pour fuir un passé plus que douloureux et une famille encombrante mais aussi et peut-être surtout pour fuir le Sud américain et sa Caroline du Sud natale à l’influence néfaste.

Sa femme, Shyla, s’est suicidée quelques années plus tôt en se jetant d’un pont, hantée par le passé de ses parents juifs dans l’Allemagne nazie et ne supportant plus les cauchemars engendrés par le souvenir et la souffrance dans les yeux de son père. Suite à ce décès, les parents de la jeune femme avaient intenté un procès à Jack pour lui reprendre son enfant.

L’annonce de la leucémie contractée par sa mère et le défi lancé par un de ses vieux copains d’écrire un scénario sur leur jeunesse le convainquent de rentrer au bercail et de faire découvrir à Leah ses véritables origines. Peut-être, est-ce le moment pour Jack de se réconcilier avec son passé, en osant enfin l’affronter.

Pat Conroy écrit ici une magnifique saga foisonnante. Rares sont les romans qui m’ont paru aussi complets, touchant autant de thèmes, en étant de véritables plaidoyers. Parce que le romancier américain prend parti et règle ses comptes : avec le sud américain et son côté conservateur et peu évolué, son racisme, son sentiment de supériorité et ses valeurs dépassées ; avec la guerre du Vietnam et le pouvoir militaire qui a contraint une jeunesse à se battre pour des idéologies qui n’étaient pas les siennes ; avec les religions et le malheur qu’elle peuvent provoquer mais aussi le soutien qu’elles peuvent apporter ; avec la maladie, mentale ou physique, avec l’amour et l’amitié. Oui, c’est réellement un roman aux multiples facettes dans lequel Pat Conroy n’épargne pas son pays et ses travers mais dans lequel il lui fait aussi une véritable déclaration d’amour.

Il y avait longtemps que je ne m’étais plus autant passionnée par un livre aussi épais, regrettant de voir la fin arriver mais ne parvenant pas à m’arrêter de lire, et de lire encore et encore, la nuit, le matin avant de partir travailler et pendant les pauses. Pat Conroy se singularise par son écriture et une imagination débordante et hors du commun. Peut-être juste un petit regret concernant une des parties finales, qui se clôture par une scène, selon moi, un peu facile voire mièvre. Mais qu’est-ce qu’une page et demie sur un roman qui en compte 920 ?