Babylon Babies de Maurice G. Dantec

Babylon Babies

Le dimanche 26 septembre 2004 par Sancho

1993. Année de publication pour La sirène rouge, premier roman de Maurice G. Dantec. Son style d’écriture unique, percussif et très cinématographique nous plonge dans un road book un peu long mais diablement attirant. 1995. Son nom se révèle au grand public grâce à son deuxième pavé : Les racines du mal. Toujours la même signature visuelle, alliée cette fois à une structure double et à des théories mathématiques qui contribuent à déplaire aux littéraires purs.

1999. Synthèse des qualités que l’on pouvait trouver dans ses prédécesseurs, Babylon Babies dépasse le cadre d’une intrigue pour anticiper des considérations philosophiques. On y retrouve Toorop, l’un des héros de La sirène rouge, ainsi que Darquandier et sa neuromatrice, quelques années après Les racines du mal ; si leur lecture n’est donc pas indispensable, elle est fortement conseillée pour apprécier pleinement Babylon Babies.

Le pitch de Babylon Babies ? Quelques mercenaires sous contrat avec la mafia russe doivent escorter une jeune femme jusqu’au Québec où celle-ci livrera une arme biologique qu’elle porte en elle. Autant essayer de résumer Hamlet par une centaine de pages sur l’adultère et la vengeance...

Outre les éléments qui séduisaient déjà les aficionados de Dantec, la force de Babylon Babies réside dans les idées pertinentes disséminées au fil des pages : anticipation censée, fourmillement d’extrapolations par rapport à la notion de réseaux, illustration de la théorie de l’évolution... Les concepts énoncés ne sont jamais gratuits chez Dantec, ils nécessitent donc un léger background scientifique pour saisir toute la portée des mots et c’est sans doute l’une des raisons qui lui vaut les foudres du milieu littéraire.

Il serait toutefois bien dommage de l’ignorer au profit des parvenus du 6ème arrondissement parisien. À vous de voir...