BADGER’S MOON de Peter Tremayne

BADGER’S MOON

Le lundi 20 août 2007 par Sheherazade

Eadulf le Saxon et Fidelma de Cashel ont uni leurs destinées pour un marriage à l’essai d’un an et un jour, comme l’autorise la loi d’Eireann. Pendant que leur bébé, le petit Alchù dort paisiblement dans son berceau, le cousin des princes de Cashel arrive de son village ; il vient demander l’aide de la religieuse-avocate, afin de l’aider à résoudre les meurtres atroces de trois jeunes filles de son village, commis au cours des trois pleines lunes passées.

Fidelma, qui relève de couches, se précipite sur cette occasion de pouvoir à nouveau exercer son métier qu’elle aime tant, car elle ne se sent pas vraiment faite pour la maternité, malgré certaines objections de son compagnon.

Au village de Becc, Eadulf et Fidelma sont accueillis avec froideur et arrogance par l’héritier de leur cousin. Dans ces contrées où règne encore la superstition, la population a vite fait de se retourner contre trois étrangers au village, trois religieux africains résidant à l’abbaye voisine.

Les trois jeunes mortes étaient de grandes amies, l’une d’entre elles était la promise du fils du meunier ; le père de l’une d’elles, le tanneur du village, un homme brutal et peu aimé, accuse le fiancé du meurtre de sa fille ; ce même homme avait d’ailleurs décidé de faire justice lui-même, ce qui heureusement a pu être empêché. Un esprit de haine et de vengeance règne cependant dans le village et nos enquêteurs ont bien des difficultés à réunir des indices, les bouches ne se déliant pas facilement. Même le vieil ermite apothicaire et astrologue ne répond qu’évasivement à leurs questions.

La patience et le talent de « dalaigh » (ou juge d’instruction) de Fidelma sont mis à rude épreuve et ses relations avec Eadulf sont de plus en plus tendues.

Lorsque le tanneur, homme brutal et haineux n’ayant pas d’amis, se fait également assassiner, la tension augmente d’un cran. Vient se mêler à tout cela une pépite d’or trouvée près de l’ancienne mine, où se promène d’ailleurs souvent l’un des religieux africains, cela semblerait indiquer que le filon n’est peut-être pas complètement épuisé.

Bref plusieurs problèmes qui se superposent en même temps, partant dans plusieurs directions différentes et occupant complètement l’esprit de la jeune avocate-religieuse, au point que son compagnon ne la reconnaît pas vraiment, d’autant plus qu’elle ne parle jamais de leur enfant. Elle refuse d’aborder ce châpitre, refuse de parler de ses changements d’humeur. Bref leur relation personnelle prend un cours difficile, et pourtant elle devrai attendre, car il est important de résoudre les énigmes qui les occupent et surtout démasquer le ou les meurtriers.

Fidelma est d’ailleurs de plus en plus persuadée que la pleine lune n’a été qu’un prétexte choisi par l’assassin des trois jeunes filles afin de brouiller les pistes.

Cette enquête qui précède l’excellent « LEPER’S BELL » aborde plusieurs sujets, notamment celui de l’intolérance à cause de la couleur de la peau, celui des rites païens toujours présents dans les mémoires (d’ailleurs le christianisme s’en est approprié plusieurs), les superstitions villageoises et les relations conflictuelles au sein du couple des enquêteurs, ainsi que les contradictions dans le caractère de la jeune mère, probablement dues aux modifications hormonales ce qui était peu connu au 5ème siècle.

Peter Tremayne décrit les doutes et les interrogations des protagonistes sur leurs sentiments, Fidelma n’étant pas particulièrement agréable dans cette enquête.

Avec sa connaissance de l’histoire des Celtes d’Irlande et de leurs traditions et lois, il donne comme à l’accoutumée beaucoup de détails dans le courant du roman ; il utilise aussi beaucoup de termes irlandais dont la prononciation est impossible, malgré le lexique explicatif en début de livre. Cela rend malheureusement certaines phrases un peu difficile à comprendre au lecteur non initié.

A part cela, l’enquête se termine comme toujours dans le grand hall de la demeure principale du village, où la religieuse-avocate dévoile l’assassin ; ici c’est une vraie surprise.

L’enquête fut passionnante, malgré les accès d’humeur de l’enquêtrice, on finit par plaindre le frère Eadulf face à cette mégère et se demander pendant combien de temps il va garder son calme face à l’agressivité verbale de sa compagne.