Avec vue sur l’Arno de Edward Morgan Forster

Plaidoyer pour la liberté de l’individu

Avec vue sur l’Arno

Le mardi 22 juin 2004 par Feline

La jeune Lucy Honeychurch, fille d’une famille assez respectable, séjourne à Florence en compagnie de Charlotte Bartlett, sa cousine et insupportable vieille fille, qui dès le départ se plaint de ne point avoir vue sur l’Arno de leurs chambres. C’est alors que Monsieur Emerson et son fils George, leur proposent d’échanger leurs suites.

D’abord outrée par un comportement aussi familier, Miss Bartlett finit par accepter. La vie se poursuit alors plus ou moins paisiblement dans la pension italienne. Jusqu’à ce que la jeune Lucy vive deux événements des plus perturbants : la vue d’un meurtre dans la rue et l’échange d’un baiser avec le jeune George Emerson. Scandalisée, sa chaperonne l’emmenera loin de Florence.

La seconde partie s’ouvre sur les fiançailles de la jeune fille, revenue en Angleterre, avec Cecil, un jeune homme érudit et pédant, mais d’une condition supérieure. Le lecteur s’apercevra rapidement que cette différence de condition posera problème, notamment par l’attitude condescendante et méprisante du jeune homme à l’égard de la famille et du voisinnage de sa fiancée. Et coup de théâtre lorsque ce même Cecil manigancera pour que la villa voisine de celle de sa belle-mère soit louée par le vieil Emerson et son fils. Croyant se prêter à une bonne farce, le jeune homme en fera les frais, car comme vous l’aurez deviné la jeune Lucy et le jeune Emerson sont amoureux. S’ensuivra donc une série de joyeux quiproquos surannés qui mèneront à un heureux dénouement.

Un livre un petit peu suranné de par son cadre et son style d’écriture, parfois indigeste pour un lecteur d’aujourd’hui mais qui malgré tout véhicule des idées modernes : la liberté de choix et d’expression pour une jeune femme, son refus à s’enfermer dans un mariage de convenance auprès d’un mari qui la musèle, la liberté de choisir son époux même si ce choix est désaprouvé par la bonne société, le refus du jugement sur les apparences ou l’appartenance à une certaine société.

E.M. Forster est donc un auteur très moderne en ce début du 20ème siècle. Il n’hésite pas à se moquer de ses compatriotes en ridiculisant leurs comportements à l’étranger mais aussi leur snobisme et la stérilité de leurs manières et jugements.