Avant le gel de Henning Mankell

« Tel père, telle fille »

Avant le gel

Le mardi 27 septembre 2005 par channe01

Dans la famille Wallander, je ne demandais rien. Rien de plus que l’inspecteur fatigué, usé mais tenace. Et je m’inquiétais un peu de l’intrusion de sa fille dans cette histoire. Et là, je suis heureusement surprise et dans le même temps, avec Mankell, je n’aurais pas dû m’inquiéter.

Car tel père, telle fille, et pour l’instant, la rencontre entre les deux individualités est enrichissante. Ils sont si semblables avec leur caractère grincheux, le père et la fille, leurs nerfs à fleur de peau, et si différent en même temps. L’histoire familiale leur colle à la peau et entrave tout rapport simple entre eux. Cela dérape vite. Et quand il s’agit d’enquêter côte à côte, ce n’est pas simple non plus. L’un et l’autre fonctionnent à l’instinct, défendent leur territoire respectif d’où des conflits. Sans oublier l’intrigue. Là encore, Mankell fait fort. Et avec beaucoup de talent et de subtilité. On ne peut pas en dire plus sans risquer de déflorer le sujet. C’est une histoire de secte. C’est le passé qui entrave l’avenir.

Et toujours la désespérance des sociétés de consommation qui usent les consommateurs jusqu’au bout de leurs rêves et de leurs croyances. Et Mankell nous conduit jusqu’au bout de la nuit. Pas question de lâcher le bouquin avant la fin. Et j’attends la suite avec impatience. Et sans crainte. Contrairement à beaucoup d’autres auteurs, avec le temps, le désir reste au vif tandis qu’avec d’autres auteurs (Patricia Cornwell par exemple), la lassitude l’emporte.


  • > Avant le gel  30 septembre 2005, par bastet
    j’ai également beaucoup apprécié "Before the frost", trouvant l’addition de la fille de Wallander un apport neuf dans les polars, car les derniers temps je commençais à me lasser de l’inspecteur et de ses états d’âme.
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