Auguste Fulminant de Alain Nadaud

Le lundi 12 avril 2004 par Sheherazade
Virgile, l’auteur de l’Enéide, fut-il ou non assassiné ? Qui a mis le feu au musée de Carthage ?
Un jeune journaliste est envoyé par son rédac’ chef en Tunisie, afin d’enquêter sur l’incendie probablement criminel qui a détruit le musée antique de Pleggah, dans les environs de Carthage. L’un des principaux suspects serait l’attaché culturel en poste à Carthage, c’est du moins l’avis de celui qui exige cette enquête, un certain Teucère, directeur d’une branche importante du patrimoine mondial et homme plutôt imbu de lui-même. Le jeune homme, plein d’initiatives, n’hésite pas à appeler l’homme en question pour de plus amples informations.
Désireux de vérifier ce que celui-ci lui a raconté sur Virandes, l’attaché culturel, et présumé auteur de l’incendie, le journaliste s’embarque pour Carthage d’où il est également censé ramener des lettres faisant partie de la correspondance entre les disciples de Virgile. Celui-ci aurait eu envie de découvrir les lieux mêmes où il situa l’Enéide et s’embarqua sans l’autorisation d’Auguste, l’avorton devenu empereur après avoir assassiné Antoine et Cléopâtre. Auguste est un tyran impitoyable n’hésitant pas à tuer quiconque ne lui obéit pas et Virgile était très en retard dans la livraison des derniers manuscrits.
Afin de résoudre l’énigme d’aujourd’hui en même temps que celle d’hier, notre journaliste rencontrera Virandes en Grèce, il trouvera les lettres mystérieuses chez ce dernier qui disparaîtra sans laisser de traces. Et il lui faudra aussi trouver le coupable du meurtre de la jeune archéologue qui aida à établir le musée avant l’incendie. Un imbroglio dont la carrière débutante du journaliste risque fort de faire les frais.
Alain Nadaud est un spécialiste érudit des récits policiers historico-romanesques. Ecrit sous forme de journal, pendant qu’il est dans une sorte d’exil en Roumanie, le récit du journaliste nous entraîne de Carthage à Rome, en passant par la Grèce et nous relate trois récits en un : la correspondance des disciples de Virgile, les enregistrements des conversations avec l’attaché culturel et l’opinion même du récitant.
Bien que débutant lentement, le roman alterne avec brio les deux investigations : l’historique et la contemporaine. On y trouve quelques intéressantes références historiques et littéraires, ainsi que quelques réflexions sur le pouvoir, la politique et leur rapport avec l’art, sans que jamais le livre ne soit ennuyeux.
Votre avis sur ce livre
- > Auguste Fulminant
14 avril 2004, par Dadoo
Je trouve que les enquêtes mélangeant les aspects historiques et contemporains (comme dans Le tableau du Maître flamand) sont particulièrement intéressants : on a à la fois le plaisir du Polar et le plaisir du roman historique. Que du bonheur quoi !
Répondre à ce message- > Auguste Fulminant 15 avril 2004, par bastet
totalement d’accord et ce petit livre-ci vaut la peine d’être découvert. Lorsque je l’ai entamé, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi passionnant. Cela m’a donné envie de découvrir d’autres romans de Nadaud.
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- > Auguste Fulminant 15 avril 2004, par bastet

