American tabloïd de James Ellroy

Le lundi 5 mai 2003 par Dadoo
En 1958 l’Amérique est en ébullition : Joe Kennedy a décidé d’acheter la maison blanche pour son fils Jack (coureur de jupons invétéré), Castro a expulsé la mafia de son île et leur interdit l’accès à leurs juteux casinos, Hoover explique que la mafia n’existe pas et que le véritable danger est à gauche. Dans cette Amérique cynique une poignée de seconds couteaux vont jouer une partie importante.
Kemper Boyd est un agent du FBI envoyé par son patron (Hoover) pour espionner le clan Kennedy. Il se fait aussi engager par la CIA pour lancer une opération à Cuba et passe un accord avec la Mafia pour se partager les bénéfices des casinos une fois le barbu au cigare déssoudé... Il va falloir cloisonner pour ne pas devenir schizophrène !
Pete Bondurant est une brute spécialisée dans les extorisions de fonds. Il est embauché par Howard Hughes pour trouver des potins pour une feuille de chou quelconque.
Une galerie de personnages secondaires hauts en couleur complète le tableau : le bouffon homosexuel, le flic du FBI anti-mafia qui sera laché par Bobby Kennedy etc.
L’ensemble forme un tableau fabuleux de cette Amérique mythique mais pas forcément incorruptible. Ellroy parvient entre fiction et réalité à rendre l’assassinat des Kennedy inéluctable. A côté le JFK d’Oliver Stone parait bien fade...
Quatrième de Couverture
Jack Kennedy a été l’homme de paille mythologique d’une tranche de notre histoire particulièrement juteuse. Il avait du bagout, dégoisait des conneries et arborait une coupe de cheveux classe internationale. Dans American Tabloid, James Ellroy, le génie du polar américain, déborde de son cadre favori, les bas-fonds de Los Angeles (où se déroulait l’action du Dahlia noir), pour dépeindre l’Amérique des années 50, la pourrie - la vraie, selon l’auteur.
Premier volet d’un triptyque sur le sujet favori d’Ellroy, le crime, American Tabloid déploie ses légions de flics marrons, d’indics désaxés, de dealers paumés, de caïds dégénérés... Un ballet vertigineux scandé par les coups de feu et les coups d’Etat. Et pour cause : les héros sont les frères Kennedy, Jimmy Hoffa, Edgar Hoover, Frank Sinatra, Fidel Castro, Howard Hughes et tant d’autres.
Extorsions, magouilles, trafics en tout genre, rancunes ataviques...jamais l’envers du décor n’avait été exhibé avec autant de talent. Fiction pure, assure hypocritement l’auteur, qui suggère tout de même que John Kennedy s’est fait dessouder au moment propice pour lui assurer la sainteté. Quand les Américains revisitent leurs légendes, ils ne s’arrêtent pas en chemin

