American psycho de Bret Easton Ellis

American psycho

Le jeudi 27 mars 2003 par catherinem

Ils vivent à New York, ont des bons boulots qui leur rapportent plein de fric et en profitent largement. Les restos s’enchainent à une cadence d’enfer, et les meilleurs naturellement, ceux où il est impossible de réserver une table. Le tout entourés de nanas splendides et body sculptées au possible, et si par hasard il est possible de terminer (ou de commencer) la soirée par un petit rail de coke, c’est aussi bien.

Patrick Bateman, personnage principal de cette histoire et jeune homme bien sous tous rapports à priori, est un obsédé chronique :
-  des marques de fringues, et il décortique soigneusement à chaque occasion qui lui est donnée son habillement propre dans les plus grands détails, mais aussi ceux des autres : impossible de ne pas savoir quelles sont les marques en vogue à New York... ;
-  de son apparence qu’il soigne précieusement : crèmes exfoliantes, purifiantes, désincrustantes, régénérantes, hydratantes, j’en passe, sans oublier le gel, très important le gel pour lui qui est toujours très soucieux de savoir à quoi ressemblent ses cheveux... ;
-  de bouffes, de drogues, mais ça reste beaucoup plus anecdotique.

Mais Patrick est bien plus pervers qu’obsédé. La nuit, le jour, chez lui, dans la rue, il tue pour son plaisir, pour se défouler, il torture même et surtout, parce que tuer simplement n’est rien. Parfois seulement il se livre à des expériences sur des filles d’un soir qui repartent ensanglantées mais la vie sauve, sans connaitre leur chance...

On entame ce livre en se disant qu’on va rencontrer un gentil psychopathe qui va commettre des crimes affreux qui seront suffisamment détaillés pour que nos cheveux se dressent sur nos têtes. On se dit que ce livre n’est qu’un roman de fiction comme tant d’autres qui relatent l’histoire d’un détraqué. On est même presque impatient au début de rentrer dans le vif du sujet. Et puis vient enfin ce moment espéré et redouté à la fois. Et là, ça atteint un niveau jamais égalé en horreur : aucune scène de torture n’est coupée, aucun détail oublié, à tel point qu’on se demande comment de telles horreurs ont pu être imaginées, tellement tout ça semble réel. Ce livre est...gênant. Perturbant. Et même beaucoup plus que cela. Au delà de la gêne, l’impression ressentie est quasiment physique : on a les tripes qui se retournent à chaque nouvelle scène qui s’annonce, tellement il est difficile de ne pas s’imaginer dans la situation de la victime.

Ce livre est intéressant malgré tout, par sa description d’une jeunesse en déroute qui ne sait que faire des sommes d’argent qu’elle possède et qui se cherche des exutoires. Et malgré cela, j’ai failli le laisser tomber en route tellement j’étais mal à l’aise. Je l’ai fermé plusieurs fois dans le métro, parce qu’il me semblait qu’il était indécent de le lire dans un lieu public (mon sentiment à ce moment n’est en réalité pas bien défini, mais ça se rapproche de ça...). Et puis j’ai réussi à le finir. Et je l’ai fermé avec soulagement. Un soir, je le lisais à la terrasse d’un café. Le serveur l’a vu et m’a dit : "alors, il est pas terrible ce patrick bateman ?" Si, il est terrible, mais ce qui est horrible, c’est que cette fois il faut vraiment prendre le mot au pied de la lettre. Je déconseille très très vivement aux âmes sensibles.

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : American psycho


  • > American psycho  5 juillet 2005, par Raphaëlle
    Curieusement, ce livre ne m’a pas déplu. Je suis habituellement rebutée par les longues descriptions à la Balzac qui n’en finissent pas de finir, mais ce livre est prenant. Même si c’est très long, on veut avancer dans l’histoire et connaître le mot de la fin. Qu’on ne connaît pas d’ailleurs et qui laisse un arrière goût d’interrogation. C’est un excellent livre qui porte certes à polémique mais qui reste finalement que ce qu’il n’est : un roman américain écrit pour susciter le scandale. A lire donc comme tel.
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  • > American psycho  10 avril 2003, par Dadoo

    Au delà de l’horreur des scènes qui ne sont sans doute finalement là que pour le scandale, le reste du livre est tout aussi dérangeant : cette obsession vestimentaire de Fashion-victim, cette insensibilité à tout de Bateman sont aussi de bons motifs de fermer ce bouquin.

    Et pourtant, aiguillonné par l’horreur on continue et par petite touche on comprend un peu mieux ce héros si détestable. Petit fils à papa, Bateman n’est pas vraiment un yuppie, il n’en porte que les oripeaux. Rien ne le rattache à la vie, il veut seulement continuer à jouer même si il se voit partir consciemment.

    Au final mon impression est donc très nuancée : le scandale est rejeté à l’arrière plan. Il reste une description efficace de la folie dans un contexte particulier. Cependant les artifices nécessaires à cette description sont assez gonflants et font qu’on a que peu de plaisir à le lire... enfin en tout cas je trouve :-)


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    • > American psycho 30 mai 2004, par filipe
      C’EST UN TRES BON LIVRE D’HORREUR SURTOUT LE DEBUT OU IL EXPLIQUE CERTAINE CHOSE ... . UN LIVRE A ACHETER IMMEDIATEMENT . FILIPE . POUR LES AMATEUR D’HORREUR A LA HACHE .
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