American Gods de Neil Gaiman

American Gods

Le vendredi 20 août 2004 par Mario_Heimburger

Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire, et précipitez-vous vers le premier libraire venu pour tenter de trouver ce magnifique ouvrage qu’est American Gods. Ce livre est tout bonnement extraordinaire.

Si cette version courte de la critique ne vous a pas suffi, il faudra bien que j’insiste. Neil Gaiman est sans conteste une étoile montante (que dis-je, sans doute déjà au firmament) de la fantasy, du fantastique et de tout ce qui dérive de l’imagination débridée de nos rêves. Son style limpide et sa subtilité trouvent ici leur apogée dans ce réçit initiatique à plus d’un titre.

Le début de l’histoire est asses simple : le jour de sa sortie de prison, Ombre apprend que sa femme vient de mourrir dans un accident de voiture. Durant le trajet qui va l’emmener à son enterrement, il va faire la connaissance de Voyageur, un vieil homme agaçant, qui lui propose de travailler pour lui en tant qu’homme de main. Refusant d’abord, Ombre se rend compte que Voyageur connaît beaucoup de choses sur lui, et les circonstance vont l’amener à accepter le travail. Il ignore à ce moment qu’il va se retrouver au centre d’une guerre que se livrent deux camps insoupçonnés d’une amérique qui se cherche depuis sa création.

C’est paradoxal de dire cela d’une oeuvre de fiction (et de fantastique qui plus est), mais ce livre s’approche dangereusement d’une certaine facette des USA, dans son aspect absurde et indécis que nous percevons de ce côté ci de l’atlantique. Le livre nous présente un monde gris, où la perte des idéaux et des fois simples amènera un homme à suivre son destin avant de parvenir à le rattraper suite à une prise de conscience tardive. L’espoir qui se trouve toujours au bout du chemin est à lui seul représentatif du rêve américain, contrepied amusant à l’utilisation de croyances étrangères et anciennes qui tentent de prendre racine sur le nouveau continent, sans succès.

Plus qu’une opposition temporelle, c’est aussi la démarquation entre le respect (mâtiné de peur) que contenait les anciennes croyances et le mépris qu’insufflent les "forces" modernes qui est le moteur du réçit. En lisant entre les lignes, c’est toute un questionnement sur nos valeurs qui est amené par Neil Gaiman, qui finit même par trouver une alternative astucieuse aux deux camps dépeints, sans pour autant abandonner le rêve qu’ils recèlent.

Les amateurs du cinéma de Night Shyamalan y trouveront également le même genre de surprises : lisez attentivement chaque scène, observez bien les détails. Il se pourraient qu’ils vous permettent de comprendre bien des choses plus tard dans le livre. Car la surprise est à chaque chapitre, et Gaiman a bien tiré la leçon de la fin un peu plate de "De bons présages" en parvenant à soutenir l’intérêt jusqu’à la dernière page.

Un excellent livre, en tous cas, sans doute mon meilleur coup de cœur depuis quelques mois. Alors foncez !