Addio Oriana !

Le samedi 16 septembre 2006 par Sheherazade

Oriana Fallaci qui naquit à Florence en juin 1929 pendant le régime mussolinien, vient de s’éteindre à l’âge de 77 ans.

Son père, Edoardo Fallaci, ébéniste à Florence, fut un activiste politique luttant afin de mettre fin à la dictature de Mussolini. A l’âge de 14 ans, cette femme qui s’est toujours élevée contre les injustices, contre les dictatures, s’était engagée dans la résistance italienne au sein du groupe « Giustizia e Libertà », pour se tourner ensuite vers le journalisme. Ses détracteurs n’ont jamais hésité à prétendre qu’elle n’était pas réellement un très bon journaliste, pourtant l’histoire de cette femme entière, honnête, leur donne entièrement tort.

Ses pamphlets au vitriol contre l’islam ont provoqué d’énormes polémiques, cependant il ne faudrait pas oublier que « La Fallaci » était une grande dame du journalisme à la carrière impressionnante ; elle a interviewé tous les puissants de ce monde et elle était également une écrivaine reconnue. Son virulent appel contre les islamistes en surprit plus d’un, Oriana Fallaci ayant été jusqu’alors une figure du pacifisme. Le MRAP introduisit même une demande d’interdiction de « La rage et l’orgueil ». Son essai toutefois a été défendu par Alain Finkielkraut : « Oriana Fallaci a le mérite de ne pas se laisser intimider par des mensonges vertueux, elle met les pieds dans le plat, elle regarde la vérité en face ». Il est cependant malheureux que les propos de cette femme extraordinaire aient été récupérés par la Ligue du Nord, mouvement fasciste ouvertement xénophobe.

L’un de ses livres les plus émouvants est certainement cette «  Lettre à un enfant jamais né », où elle relate la douleur de l’avortement qu’elle décida en 1975 ; là aussi il est malheureux qu’un ouvrage aussi personnel, ait été récupéré par les ligues anti-avortement, sa position très personnelle fut également sujet à controverse.

Dans « Un Uomo » elle rend un vivant hommage à Alexandros Panagoulis, opposant au régime des colonels en Grèce et qui fut assassiné au cours d’un accident de voiture savamment orchestré par ses ennemis.

Oriana Fallaci obtint le prix Bancarella pour son essai « La vie, la guerre et puis, plus rien » paru en 1969. Elle a enseigné aux Universités d’Harvard, Yale, Chicago et Columbia. Beaucoup d’hommages lui seront rendus je l’espère car c’était une "grande bonne femme", jusqu’au bout sincère dans ses convictions.

bastet