A l’hôtel Bertram de Agatha Christie

At Bertram’s Hotel

A l’hôtel Bertram

Le jeudi 9 septembre 2004 par Sheherazade

L’Hotel Bertram, au coeur du West End de Londres, fait partie de ces vestiges du passé, où écclésiastiques, douairières et jeunes filles sortant de pension pouvaient séjourner en toute sécurité. Le Bertram s’est discrètement modernisé après la seconde guerre mondiale, mais l’ambiance y est restée feutrée ; tout voyageur a l’impression de se retrouver à une autre époque. On peut y prendre le thé avec de vrais muffins ou savourer un copieux petit déjeuner à l’anglaise. Les clients tout comme le personnel semblent sortis tout droit de l’époque édouardienne.

Grâce à son neveu l’écrivain Raymond West, Miss Jane Marple est toute heureuse de se retrouver dans cet endroit qu’elle visita si souvent lorsqu’elle était jeune notamment lorsqu’un jeune homme peu recommandable lui faisait la cour.

Comme à l’accoutumée elle observe avec attention les autres pensionnaires et notamment, une jeune fille Elvira attirant l’attention de Lady Bess Sedgwick, personnalité forte de la société londonnienne, mariée et divorcée plusieurs fois, se montrant actuellement beaucoup avec un pilote automobile de réputation douteuse.

Pendant ce temps, à Scotland Yard, une conférence réunit une série de personnalités désireuses d’élucider la vague de hold-ups qui s’est abattue sur Londre : fourgons, banques, attaques de trains, rien n’échappe aux criminels et les membres du Yard aimeraient que l’inspecteur-chef Davy résolve ces cas avant de prendre sa retraite ; hélas, aucune piste importante, seulement quelques repaires qui sont des rouages mineurs dans les affaires, rien qui vaille la peine et qui permettrait de capturer le ou les chefs.

Seul point intéressant : des personnages ressemblant à s’y méprendre à des personnes logeant au Bertram ont été reconnus par des témoins ; c’est donc au Bertram que Fred Davy va diriger ses pas et, comme de bien entendu, obtenir l’aide discrète de Miss Marple. Décidément, où qu’elle aille, elle si calme et paisible, la vieille dame est toujours mêlée au crime !

Pas mal de surprises attendent nos deux limiers ; le portier du Bertram sera tué d’une balle, soi-disant accidentellement ; un vieil écclésiastique disparaît et réapparaît mystérieusement après avoir été violemment frappé à la tête. Pour Miss Marple, l’atmosphère désuète et feutrée pourrait bien cacher autre chose de beaucoup plus inquiétant.

Inutile de dire que l’hôtel Bertram paraît particulièrement stéréotypé ; un peu comme si Agatha Christie avait voulu en faire une parodie des hôtels londonniens d’avant-guerre dont l’excellente réputation attirait la gentry.

L’action de ce roman est lente et il n’est pas très difficile de deviner le cerveau des hold-ups. Il semblerait que l’histoire ait été écrite vers la fin des années 50 car notre Reine du Crime y place habilement quelques réflexions sur les jeunes gens à cheveux longs, style Beatles ...