A Restless Evil de Ann Granger

Le village des damnés

A Restless Evil

Le dimanche 17 juin 2007 par Sheherazade

Alors qu’il traverse le lieu-dit Stovey Woods, un jeune randonneur trébuche sur un tas d’os qu’en sa qualité de médecin il identifie comme humains. Cette macabre découverte va provoquer une série d’évènements dramatiques au sein de ce hameau perdu des Cotswolds.

Pendant que le jeune docteur attend la police, le Superintendant Alan Markby est à la chasse aux maisons avec sa compagne Meredith Mitchell. Celle-ci a promis de l’épouser dès qu’ils auront trouvé une maison mais comme par hasard aucune des habitations visitées n’a eu l’heur de lui plaire jusqu’à présent. Et ce n’est pas la visite de l’ancien presbytère de Lower Stovey qui la fera changer d’avis. Non seulement cette maison est trop grande et en mauvais état, mais de plus le village même lui apparaît comme sinistre et peu engageant. Ce n’est pas la suite des évènements qui lui donnera tort !

Markby, mis au courant de la découverte des ossements, ne peut s’empêcher de se souvenir de l’horrible affaire du violeur en série qui sévissait dans ce même village de Lower Stovey il y a 22 ans alors qu’il débutait en tant qu’inspecteur. Cette première affaire se soldera hélas par un échec pour la police, 5 jeunes femmes eurent le courage de porter plainte mais la police demeura impuissante à découvrir le monstre qui terrorisait le village, récoltant après chaque viol un petit objet personnel de ses malheureuses victimes. Les ossements de la forêt s’avèrent être ceux d’un botaniste disparu 22 ans auparavant ; ce qui a toujours surpris les enquêteurs à l’époque est qu’après sa disparition mystérieuses, les viols cessèrent également. Alors que le superintendant évoque ces affreux souvenirs, Meredith, entrée dans l’église pour quelques instants, découvre le cadavre d’une des dames chargée de l’entretien des lieux ; son amie, fille de l’ancien pasteur, ayant passé son enfance dans ce village maudit est effondrée. Elle est convaincue que tout un passé va ressurgir qu’elle préférerait oublier.

Miss Mitchell, qui adore jouer les détectives-amateurs au risque de sa vie bien souvent, va (pour une fois avec l’accord de son compagnon) tenter de découvrir la vérité, mais une famille de cas sociaux va se mêler de tout comme à l’accoutumée. Ces indigents, mal éduqués, vivant d’expédients et de menus travaux dans le village, semblent se repaître du malheur d’autrui, colportant mensonges et médisances.

Le jeune inspecteur Pearce, torturé par un mal de dents sous le regard sarcastique de son assistance, ne voit pas d’un très bon œil que le « vieux » (entendez par là le superintendant !) se mêle de son enquête sous prétexte qu’elle serait liée aux événements passés depuis plus de 20 ans. Lorsque la vérité éclatera, les enquêteurs seront effarés par ce qu’elle leur apprendra.

Le tandem Markby-Mitchell en est ici à sa quatorzième enquête, dans une série parfois inégale. Par contre ce polar-ci est passionnant.

L’ambiance pesante de ce hameau craignant pour sa quiétude, vivant isolé du monde, où personne n’est heureux mais où tout le monde veut sa tranquillité, est particulièrement bien rendue. Le roman est par instant aussi étouffant que ce village. Les rencontres avec la famille indigente est particulièrement oppressante.

Ce polar est plein de rebondissements et, au contraire de Lower Stovey, vaut le détour.