A Dish Taken Cold de Anne Perry

A Dish Taken Cold

Le mardi 25 janvier 2005 par Sheherazade

En 1792, les Prussiens sont aux portes de la France. Paris est dans la tourmente de la Terreur et des monstrueuses journées de septembre, où une populace affamée, avinée, désespérée transforma la ville en abattoir et où la vindicte populaire se déchaîna, massacrant des milliers d’innocents.

Dans ce terrible contexte, la jeune veuve Célie Deleure, femme de chambre de Germaine de Staël, pleure la mort de son bébé. D’après Thérèse, l’une des servantes de la maison, la responsabilité en incombe entièrement à la négligence de la meilleure amie de Célie à qui le bébé avait été confié. Elle aurait abandonné le berceau pour passer quelques bons moments dans les bras de son amant. Le coeur meurtri, l’esprit rempli de haine, Célie ne rêve que de se venger et la tentation est grande en ces temps de délation. Elle va donc dénoncer Georges Coigny auprès d’un sbire de Marat, mais cet acte vil et lâche ne rend pas son coeur ni son esprit plus libres et légers. C’est grâce à un acte d’un courage inconditionnel de Madame de Staël que la jeune femme de chambre va ouvrir les yeux tentant de rattrapper l’acte odieux qu’elle a commis, retrouvant ainsi sa vraie nature généreuse, comprenant enfin que cette vengeance ne peut en aucun cas lui ramener son bébé, ni être un acte de justice. C’est encore grâce à Germaine de Staël qu’elle apprendra la sinistre vérité derrière les paroles de Thérèse.

Délaissant brièvement l’époque victorienne qu’elle connaît à la perfection, Anne Perry livre avec cette très courte nouvelle un joli portrait d’une jeune femme aveuglée par le chagrin et la haine, mais dont la noblesse de coeur reprendra le dessus afin que l’irréparable ne se produise peut-être pas et pour qu’elle puisse enfin trouver la paix de l’âme. On ne s’arrêtera pas trop ici sur l’arrière-plan historique, mais l’analyse psychologique des caractères concernés est bien rendue.