44, Scotland Street de Alexander McCall Smith

Les chroniques d’Edimbourg

44, Scotland Street

Le dimanche 17 juin 2007 par Sheherazade

Au fil des pages se déroulent les vies pleines d’humour ou de mélancolie des habitants de la pension de famille située au 44 de Scotland Street, une rue bien réelle d’Edimbourg, même si le numéro lui est fictif.

Ce livre est, paraît-il, l’équivalent écossais de « Tales of the City » d’Amistead Maupin. Ne l’ayant pas lu, je ne puis guère comparer ; toutefois j’ai trouvé particuliètement amusants et attachants les multiples résidents de cette maison.

Le roman est construit comme un puzzle où à chaque fin d’épisode, on reprend la vie des protagonistes, là où on l’avait laissée au chapitre précédent.

Le lecteur découvre ainsi le bellâtre de service, fat, imbu de soi, persuadé que toutes les filles sont folles de lui. En tout cas c’est le cas de la très jeune Pat, la toute dernière résidente qui travaille dans une galerie d’art dont le propriétaire y connaît déjà aussi peu qu’elle ! Elle sera prise sous l’aile protectrice de Domenica McDonald, veuve d’un industriel indien, amie d’artistes et intellectuels de la ville.

A l’étage du dessous habite le couple Stuart et Irene, le mère particulièrement agaçante du petit Bertie, enfant soi-disant surdoué, parlant italien et jouant du saxophone, et qui ne souhaite qu’une seule chose : pouvoir être un enfant comme les autres.

Au cours d’une chasse au tableau perdu assez savoureuse, Alexander McCall Smith offre en guise de clin d’œil un entretien avec son « collègue » écossais, l’homme qui montre le côté très noir d’Edimbourg, le célèbre écrivain de thrillers très noirs Ian Rankin, dont il brosse un bref et sympathique portrait.

Ce livre-audio fut un vrai régal à écouter, non seulement en raison du texte joliment écrit, mais grâce aussi au réel talent de la comédienne Blythe Duff, interprétant tous les rôles de manière totalement crédible, modulant les intonations selon le personnage. A aucun moment, on ne s’y trompe car elle donne le ton juste selon qu’il s’agisse du petit Bertie, du jovial peintre Angus, du gentil Malcolm, de Bruce, le suffisant, ou de la vulnérable Pat. Sans oublier les sympathiques Domenica et Big Lou, ou l’insupportable mère de Bertie.

Par ailleurs, la comédienne possède un délicieux accent écossais, ajoutant un peu plus de charme et de dépaysement à ce livre choral.

Je suis totalement conquise par les livres-audio, surtout lorsqu’ils sont aussi excellents que celui-ci. Il ne s’agit pas, malheureusement, de la version intégrale du roman qui comporte 110 épisodes paraît-il et qui parurent d’abord dans le journal « THE SCOTSMAN » avant d’être réuni en un seul roman.

Je le recommande chaudement.