Harold Pinter

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Harold Pinter, à qui l’on vient d’attribuer le PRIX NOBEL 2005 de LITTERATURE se porte bien, merci pour lui ! En effet, au jour même de l’annonce de l’attribution de la plus prestigieuse récompense honorifique remise à un auteur, celui que l’on a surnommé « Le Shakespeare de son temps » avait été déclaré mort par une chaîne de télévision câblée (bravo leurs sources !), peut être en raison du cancer dont l’écrivain souffre depuis quelques années.

Le Nobel est le couronnement d’une longue carrière de l’un des auteurs les plus controversés du 20ème siècle, carrière toute dévouée non seulement à l’écriture, la poésie, le théâtre, le cinéma mais aussi et surtout l’engagement politique.

Harold Pinter s’est vu attribué le prix Wilfred Owen pour le poème qu’il écrivit en opposition à la guerre en Irak contre laquelle il s’est élevé dès le début, n’hésitant pas à qualifier George Bush Jr. de « criminel de guerre » et Tony Blair de « pauvre dupe pleine d’illusions », comparant le gouvernement de Bush à celui d’Hitler.. Toujours dans cette optique, il a également participé au débat organisé par « Authors take Sides on Iraq ».

En l’an 2000 lors de la conférence du comité pour la Paix dans les Balkans, il prononça un discours contre le bombardement de la Serbie par l’OTAN. Depuis de longues années Pinter s’est fait le champion de la liberté d’expression en tant que membre actif de l’INTERNATIONAL PEN, association avec laquelle il se rendit en Turquie en 1985, en compagnie de l’écrivain Arthur Miller afin de protester contre la torture d’écrivains emprisonnés.

En 2005 Pinter déclara qu’il cessait de se consacrer à l’écriture théâtrale afin de s’engager encore plus dans le combat politique.

Les prix n’ont pas cessé de pleuvoir sur Pinter : le Shakespeare Prize à Hambourg, l’European Prize for Literatre à Vienne, le Pirandello à Palerme, un Molière d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, le prix Laurence Olivier, sans oublier le David Cohen British Literature Prize. Plus de quatorze universités l’ont nommé « docteur honoris causa ». Il a également été, par deux fois, nominé pour l’Oscar du meilleur scénario adapté d’un roman. Il refusa toutefois le titre de Chevalier de la Couronne, mais fut nommé « Companion of Honour » en 2002.

Harold Pinter est un ardent défenseur des Droits de l’Homme depuis 1973, ses prises de position sont virulentes, lui ayant valu le surnom d’ « Enragé » par la presse britannique.

Harold Pinter naquit en Octobre 1930 à Hackney, Londres de parents juifs ; il fit ses études à la Hackney Downs Grammar School et fit un bref passage à la Royal Academy of Dramatic Art.

Il débuta sa carrière en tant que comédien, sous le pseudonyme de David Baron ; sa première pièce de théâtre « THE ROOM » fut interprétée par les étudiants de la Bristol University en 1957.

Sa deuxième pièce « The Birthday Party », par contre ne reçut pas un très bon accueil du public, et ce malgré les critiques très positives de l’un des plus éminents critiques théâtraux du Sunday Times. A l’heure actuelle, the Birthday Party est l’une de ses plus célèbres.

L’œuvre de Pinter, montre dès le début, une nette influence de Samuel Beckett et les deux hommes furent effectivement de grands amis. Dans les années 70, Harold Pinter s’impliqua de plus en plus dans la mise en scène théâtrale après avoir été nommé directeur adjoint du National Theater.

L’œuvre littéraire d’Harold Pinter ne comprend pas moins de vingt-neuf pièces de théâtre, toutefois son œuvre va bien au-delà de la simple dramaturgie ; il a écrit de nombreux essais, été réalisateur de cinéma comme de théâtre, ainsi que nous l’avons vu plus haut, il a également travaillé pour la radio et la télévision, sans oublier les quelques vingt-quatre scénarios. Pinter est un auteur prolifique dont les créations sont sans arrêt jouées et rejouées.

Harold Pinter a marqué son temps et le monde du théâtre, à tel point qu’un nouvel adjectif y a été créé « pinteresque ». Les pièces de Pinter bénéficient d’une atmosphère très particulière, ayant fait disparaître les clichés théâtraux classiques d’espace, action et langage. Ses personnages sont prisonniers de leurs diverses névroses. En fait, l’innovation réelle de l’œuvre de Pinter réside dans le décalage entre légèreté apparente et profondeur réelle pour qui est attentif, devenant ainsi un instrument de réflexion. Toutefois, jamais le style de Pinter n’est lourd, il reste léger et d’un rythme agréable, emportant le spectateur avec lui jusqu’au bout ; le dramaturge a pris le parti de montrer la nature humaine dans ce qu’elle a de moins glorieux ; ses personnages ne s’intéressent jamais aux autres, ne prêtant nulle attention aux propos des autres ni des leurs. Ces propos sont répétitifs et irrationnels, l’auteur entendant ainsi démontrer la vacuité du langage. Pour l’auteur, la langue n’est faite que de mensonges, ceux qui osent se servir des mots sans crainte avec respect pour leur sens réel ont toutes les chances de finir emprisonnés, persécutés, torturés, voire tués !

Mais que ce soit pour son originalité en tant que dramaturge et écrivain, Harold Pinter restera l’une des figures les plus marquantes de notre époque ; grâce à son œuvre et au Prix Nobel de Littérature 2005, il n’est pas prêt d’être oublié et c’est très bien comme cela, car de par son engagement, Pinter fait la preuve que tout artiste, qu’il soit auteur ou comédien, a un devoir vis à vis des hommes.

Article inspiré par les sites www.haroldpinter.org - www.evene.fr/livres/ et www.en.wikipedia.org/wiki/Pinter

Bastet


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