Anthony Burgess
Auteur anglais (1917-1993)
Romancier, compositeur et critique littéraire, John (Jack) Anthony Burgess Wilson naquit à Manchester en 1917, au sein d’une famille catholique. Il fit ses études au Xaverian College et à l’université de Manchester où il se prit de passion pour la langue et la littérature anglaises.
Lors de la seconde guerre mondiale, Burgess fut enrôlé pendant six ans dans le corps médical militaire.
De la fin des années 40 au début des années 50, il enseigna à l’université de Birmingham et travailla pour le ministère de l’éducation nationale. En 1954, il fut envoyé comme instructeur à Malaya et Brunei ; là, il écrivit sa trilogie consacrée à la désintégration progressive d’un jeune employé face à l’indépendance malaise. S’étant écroulé, un jour, face à sa classe, Burgess fut rappatrié en Angleterre, où les médecins diagnostiquèrent une tumeur au cerveau, ne lui laissant que tout au plus un an à vivre. Il décida alors de mettre cette année à profit pour écrire compulsivement, afin de mettre son épouse à l’abri du besoin. Le diagnostic s’étant avéré complètement faux, Burgess vivra encore 33 ans, consacrés uniquement à l’écriture, partageant son temps entre Malte, l’Italie, les USA et Monaco.
L’oeuvre d’Anthony Burgess est célèbre pour sa créativité verbale et la satire sociale de ses romans ; outre les romans, Burgess écrivit quelques essais et plusieurs biographies.
Le tout premier roman de Burgess "A Vision of Battlement" bien que terminé en 1949 ne sera publié qu’en 1965 et s’inspirait largement de l’Enéide de Virgile, montrant aussi une forte influence du style de James Joyce, l’un de ses auteurs préférés avec Shakespeare.
Cependant, le premier amour de l’écrivain fut la musique. Il avait déjà plusieurs compositions à son actif avant la publication de ses romans. L’un d’eux, "The Wanting Seed" décrit une Angleterre futuriste, surpeuplée, prisonnière de cycles de totalitarisme alternant avec des cycles de grande liberté (un clin d’oeil à Orwell, selon les critiques).
Mais c’est évidemment la fable de science-fiction "A Clockwork Orange" qui confirma la réputation de l’auteur en tant qu’écrivain satirique. L’histoire se situe dans un Londres futuriste et est racontée en NADSAT, un langage sorti tout droit de l’imagination de Burgess, un curieux mélange de "slang", cockney (argot londonien), argot français, russe et hollandais (mémorisé sans doute lors de son passage à Malaya et Brunei), ainsi qu’un peu de langue tzigane. Le roman met l’accent sur la montée des gangs et de la délinquance juvénile et sur les théories comportementales de B.F. Skinner dans les prisons, asiles ou cliniques psychiatriques. La leçon du roman est purement philosophique, à savoir "est-il ou non préférable qu’un être humain soit foncièrement mauvais mais libre, ou plutôt qu’il soit un bon et honnête citoyen, sans liberté de pensée ?"
Le film que Stanley Kubrick en réalisa fut encore plus controversé que le roman, qui avait pourtant soulevé pas mal de polémiques, ayant été traité notamment de pornographie violente et gratuite. La version anglaise du livre diffère de la version américaine ; dans la version UK, Alex choisit de respecter la loi, alors que dans la version US il retourne à sa vie de délinquant criminel.
Quelques années plus tard, dans "The Clockwork Testament or Enderby’s End", paru en 1975, le héros, alter ego de l’écrivain, il se moque ouvertement des medias américains et du déclin de la langue anglaise. C’est le roman "The Earthly Powers" qui est considéré comme le roman le plus accompli d’Anthony Burgess, le sujet s’inspirant largement de la vie et du personnage de Somerset Maughan. Ce roman comporte un certain nombre de références littéraires à des personnages célèbres.
Anthony Burgess a aussi produit des scénarios de films et des essais critiques ; ses deux autobiographies révèlent un être doutant profondément de soi, une image très différente de l’image de l’homme public, qui donnait des cours à l’université de Princeton et était un écrivain-résident à celle de New York à Buffalo ; il fut même conseiller littéraire au Guthrie Theater de Minneapolis.
La Troisième Symphonie d’Anthony Burgess fut interprétée à l’université d’Iowa et sa version musicale de Ulysses fut interprétée à la BBC lors du centenaire de la mort de James Joyce.
Mort à Deptford de Anthony Burgess
A Dead man in Deptford
Le dimanche 23 mai 2004 par Sheherazade
Burgess a toujours adoré la littérature et la langue anglaises, dont il fut un digne représentant en tant qu’écrivain. Ce livre dédié à Christopher (Kit) Marlowe, génie littéraire et "mauvais garçon" notoire est un exemple de ces goûts littéraires et un sympathique hommage à un artiste souvent méconnu.
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