Charles Bertin
Auteur belge (1919-2002)
Charles Bertin, décédé à 83 ans, naquit en 1919 à Mons, Belgique. Il était le neveu de l’avocat-écrivain Charles Plisnier qui influença son goût pour la littérature ; Il consacra d’ailleurs un important essai à la vie de son oncle et déclara à son sujet "tout ce que le coeur et l’esprit d’un être peuvent devoir au coeur et l’esprit d’un autre, je le lui dois."
Ayant grandi dans un milieu de gauche - et contrairement à Charles Plisnier pour qui oeuvre littéraire et engagement politique ne faisaient qu’un - Charles Bertin tentait d’oublier ses origines socialistes dans ses romans.
Après avoir terminé des études de droit et de sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles, il entame une carrière d’avocat à Mons, ensuite devient chef de cabinet du ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale, puis sera l’un des conseillers juridiques du syndicat socialiste FGTB.
Au début des années 50, Bertin vient s’établir à Rhode-St-Genèse, dans la grande périphérie de Bruxelles et entame son combat en faveur de la défense des droits culturels des francophones en périphérie bruxelloise. Il milite avec d’autres personnalités francophones du monde des lettres et de la politique, signant avec eux une lettre au roi des Belges, dans laquelle ils demandent un fédéralisme véritable fondé sur le respect des droits de l’homme. Jusqu’à sa mort en 2002, Charles Bertin restera un ardent défenseur de la langue et de la culture françaises.
Bien qu’ayant touché dès l’adolescence à l’activité littéraire, Charles Bertin avait dépassé la trentaine lorsque paraissent coup sur coup trois recueils de poèmes. Son oeuvre comporte un nombre important d’adaptations classiques, de traductions, mais aussi de poèmes, romans et pièces de théâtre.
Son plus grand succès public fut le délicieux roman autobiographique "La vieille dame en son jardin de Bruges ", publié en 1995.
Toute l’oeuvre de Charles Bertin reflète la quête du bonheur individuel et le sentiment d’irrémédiable solitude intérieure de tous les êtres humains :
solitude amoureuse (Psaumes sans la Grèce)
solitude du pouvoir et de l’aventure (Christophe Colomb)
solitude de la mort (Je reviendrai à Badenburg)
"Le Journal d’un crime" aborde la solitude de la responsabilité involontaire mais totalement angoissante.
Dès 1967, Charles Bertin fut membre de l’Académie de Langue et Littérature Françaises, ainsi que du Cercle des Etudiants Wallons de l’ULB (1939) et le restera jusqu’à sa mort.
Sa conception du métier d’écrivain se retrouve totalement dans une phrase prononcée au cours d’un entretien radiophonique : "le jeune écrivain, lorsqu’il commence sa démarche d’exploration des passions humaines, ne sait pas encore vers quoi il se dirige et c’est beaucoup plus tard qu’il constate qu’il avait dans le gosier - comme l’oiseau dans la forêt - un certain nombre des notes qu’il va essayer de reproduire toute sa vie."
La petite dame en son jardin de Bruges de Charles Bertin
Le jeudi 12 septembre 2002 par Sheherazade
Ce petit livre, qui se lit très rapidement, est l’un des plus charmant qu’il m’ait été donné de lire. Lorsque l’auteur l’a écrit, sa délicieuse grand-mère est morte depuis un demi-siècle et pourtant son souvenir est on ne peut plus présent dans sa vie.
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